Dépenses des cérémonies : un fardeau pour les hommes

La folie dépensière, lors des cérémonies, est un constat des plus choquants, si l’on sait que certains n’ont même pas de quoi se nourrir. Au Mali, particulièrement à Bamako, les évènements sociaux tels que les mariages, les anniversaires, les baptêmes et même les décès, sont devenus de véritables fardeaux pour les hommes qui en assurent leur financement peu importe la provenance ou la manière.

De nos jours, il faut une fortune pour faire un mariage, baptême ou décès à Bamako. Des voitures de luxes, une salle, une robe voir des robes de marié, des bâches, des chaises, des bœufs, des griots et marabouts à entretenir, etc. Ces évènements sociaux ne sont plus des moments de joie, mais une vraie course à la recherche de renommée et surtout de dépenses.

Les hommes en souffrent !

Aujourd’hui, les cérémonies sont devenues des occasions de gaspillage de tout genre. Et généralement ce sont les hommes qui assurent le financement de toutes ces dépenses parfois extravagantes. Au fait, certains hommes, pour ne déshonorer sa famille, belle famille, parents et connaissances, vont jusqu’à faire des dépenses au-delà de leurs moyens.

Concernant les femmes, adeptes de la bombance et surtout du paraître, elles ne font pas les choses à moitié. Ainsi des fortunes sont gaspillées pour des futilités en une seule journée. Ce gaspillage lors des cérémonies est un fait social qui intrique plus d’un. La pratique donne l’impression à certains que nous ne vivons dans le même pays où les temps sont plus durs.

Les uniformes sont financées par les hommes mariés ou non.

Quand nous prenons le cas des baptêmes, les dépenses relatives à cet évènement font craindre plus d’un homme.

 «Dès que la grossesse de ma femme avance, je commence à m’inquiéter. Il y a une fête le matin et une autre le soir. Cela demande une fortune sans compter les repas, les chaises et surtout les habits de madame ».

La folie de grandeur !

Mariages, baptêmes, fiançailles même anniversaire, toutes les occasions sont bonnes pour dépenser et cela démesurément. Des billets d’argent (Franc CFA, Euro et Dollar) et même de l’or, sont distribués au point que certains se demandent si réellement on travaille pour les avoir. Certains invités sont nourris et d’autres logés, plusieurs habits sont cousus et cela juste pour une journée.

Certes faire des cadeaux à un griot ou à d’autres personnes de caste lors de son évènement heureux, une façon de manifester sa joie, n’a rien de mauvais en soi. Mais c’est le comportement de nos chères mamans et sœurs qui laissent à désirer. Certaines le font par concurrence ou par mégalomanie.

Il y’a des femmes qui ont une folie de grandeur, même si elles ne peuvent pas, elles cherchent par tous les moyens à faire une grande cérémonie pour gaspiller de l’argent. D’autres vont jusqu’à emprunter de l’argent par ci par là pour faire une grande cérémonie et gaspiller de l’argent.

En tout cas, par les temps qui courent au Mali et partout dans le monde, nombreux sont ceux qui se demandent comment peut-on travailler nuit et jour et dépenser le fruit de ce travail en une journée ?

Et elles ont des réponses toute faite. Cette maman dira que ce n’est pas du gaspillage, mais c’est une façon de sauver son honneur et de ne pas laisser les gens médire sur elle.

« A Bamako, si tu ne fais pas une fête remarquable pour le mariage de ton enfant, jusqu’à la mort, on te pointera du doigt. Un mariage c’est une fois dans la vie, et il faut le faire bien peu importe la somme que cela coutera », raconte Madame Diarra.

Un gâteau d’anniversaire ne suffit plus !

Outre les mariages et baptêmes, nous avons une nouveauté chez les jeunes Bamakois qui consiste à célébrer avec faste un anniversaire. En effet pour fêter leur anniversaire, couper un gâteau ne suffit plus à nos jeunes demoiselles. Il faut désormais d’abord un shooting photos qui se fera dans un appartement loué. À cela s’ajoute un restau parti ou elle invitera une vingtaine de personnes plus les gâteaux d’anniversaire. Et toute ces personnes seront nourries et abreuvées. La note peut dépasser les frais de scolarité d’un élève d’un lycée privé. Et tout cela n’est pas financé par les parents ou la fille elle-même, mais par son petit ami ou son fiancé.

Le hic est que certaines filles dont les parents n’ont même pas les moyens de cuisiner les 3 repas de la journée, se permettent de distribuer des liasses de billets, se faire payer des vêtements de valeur, de l’or. D’autres vont jusqu’à offrir des titres fonciers à des griots lors des cérémonies.

Celles qui n’ont pas les moyens s’adonnent à toute pratique contraire à nos mœurs : détournement des prix du condiment, vols, dettes contractées, l’adultère ou la prostitution.

Avec les mariages, certaines femmes ne se limitent plus à un seul uniforme, mais à deux voire trois ; et  chaque uniforme peut coûter au minimum 50 000 FCFA.

N’ayant pas les moyens, certaines sont capables de tout faire, pour être au mieux d’escale de pieds, voire mieux que les autres.

Et pourtant il y a certainement beaucoup mieux à faire que de gaspiller son argent dans les cérémonies. Certes chacun est libre de faire ce qu’il veut de sa fortune, mais attention à ne pas vouloir ce que tu ne peux avoir ! Et pour ceux qui en ont les moyens, le respect des autres doit être privilégié, car notre société condamne la vanité et la religion musulmane recommande d’être humble dans tout ce que nous faisons. Et un proverbe bambara corrobore cela en ces termes « parfois tu es long, parfois tu es court ».

Assitan Siga FADIGA

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