Petit commerce : est-ce une culture malienne ?

Outre le problème de chômage, nombreux sont les jeunes maliens qui pratiquent le petit commerce par amour, nécessité, ou par héritage, comme activité principale, pour pouvoir subvenir à leurs besoins. A Bamako, pratiquement tous les marchés, et grandes artères sont inondés de jeunes (garçons et filles) en train de vendre des bricoles, des fruits et légumes, de l’eau, des cartes et puces téléphoniques, etc.

Pourquoi un tel engouement pour le petit commerce ? Est-ce une culture malienne ? Koufecou Traoré, traditionaliste, nous donne certaines explications. Selon cet homme attaché à la culture, au Mali, certains petits commerçants héritent l’activité de pères en fils. C’est le cas chez les Soninkés et les Diawambés dont les enfants depuis le bas-âge exercent le commerce qui devient par la suite leur profession.

« On peut dire que chez les Soninkés et Diawambés, le commerce est une activité presque culturelle ».

Par contre, d’autres exercent le petit commerce occasionnellement. C’est le cas de beaucoup jeunes qui, pendant les vacances ou à l’approche des fêtes font le petit commerce de divers articles au marché ou à travers les quartiers de Bamako.

Ainsi, rappelle Koufecou, chez les Diawambè (djokaramès), les garçons accompagnent leurs pères ou  grands frères au marché, pour apprendre les techniques de la vente des tissus, chaussures, Bazin, ou autres articles. Quant aux filles, elles font généralement la vente du lait, des perles, etc.

Concernant les soninkés, les garçons sont dans l’activité de cirage de chaussure, vente d’hidjab, voile et les filles, sont dans la vente de la crème traditionnelle (dègue) également des pagnes, etc.

Toujours dans le même sens, il précise que ses deux ethnies font du petit commerce non pas toujours par nécessité. Mais selon leur culture, il est important d’apprendre aux enfants à être responsables et indépendants. Voilà pourquoi chez lesdites ethnies, ils se marient tôt ; car les jeunes garçons sont déjà prêts financièrement, explique le traditionaliste.

Cependant, de nos jours, avec la cherté de la vie, le petit commerce n’est plus une activité appartenant à une ethnie, mais exercé aujourd’hui par tout le monde. En effet, ils sont nombreux les jeunes qui font le petit commerce pour aider la famille et subvenir à leurs petits besoins, souligne-t-il.

Par ailleurs, il nous apprend aussi que la culture et la société traditionnelle au Mali sont divisées en corps de métier. Ainsi, dans les villages, il existait beaucoup de métiers. Les jeunes venaient en exode rural (période soudure) et non en aventure (destination inconnue de longue durée).

Aujourd’hui avec  l’éducation, le système social a complètement changé. Les jeunes n’ayant été formé a un métier, n’ont aucune option que de faire du petit métier.

En tout cas, pour notre traditionaliste, contraire à la formation des enfants dans un corps de métiers qui est très ancienne, le petit commerce n’est pas une culture malienne. Il en donne comme exemple sur la pèche traditionnelle : La majorité des jeunes ne vont jamais se précipiter dans ce domaine, parce que pour eux, soit c’est très difficile ou soit elle ne nourrit pas son homme. Et chacun est attiré par la vie qui semble être prospère.

En ville, l’exercice du petit commerce par beaucoup de jeune est dû à l’inadéquation de la formation et de l’emploi. Des diplômes et universitaires ne trouvant pas de boulot, parce que leur formation n’est pas adaptée à l’emploi, s’adonnent à cette activité en attendant d’avoir mieux.

«Culture ou pas, l’homme doit travailler pour subvenir à ses besoins. Si le quotidien est cherché sur le droit chemin, alors il est à encourager. Qu’on soit dans le secteur public, privé ou informel, les jeunes d’aujourd’hui doivent apprendre plusieurs métiers pour contribuer au développement du pays.

Fatoumata Koita

 

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