Remaniement ministériel : Pourquoi un nouveau gouvernement ?

Le fera-t-il ou pas ? La question de remaniement du gouvernement commence à agiter l’opinion publique au point où certains en sont arrivés à ne plus s’en préoccuper vue le changement sans cesse de gouvernement sous le régime Ibrahim Boubacar Kéita. Mais depuis quelques jours le sujet s’est de nouveau invité dans les débats et a fini par nourrir diverses supputations. Le remaniement ministériel est bien imminent et l’on attend que son annonce dans les jours à suivre.

Dans les coulisses, et dans la tête des Maliens qui lisent entre les lignes l’actualité politique, un remaniement est en cours. Certaines personnes ont évoqué avec insistance des consultations de hautes personnalités en vue dudit remaniement. Spéculations, prophéties sans suite? Difficile de répondre, mais «il n’y a pas de fumée sans feu», dit-on.

Mais pourquoi changer d’équipe? Un remaniement est un moment grave en politique: cela signifie que le président de la République et le Premier ministre ne sont pas satisfaits du travail de certains ministres. Dans ce cas, le président peut être tenté de vouloir donner un nouveau souffle à son gouvernement. Surtout que, même sans désaccords ouverts avec certains ministres, les attaques terroristes meurtrières ne sont pas bonnes pour l’image du chef de l’État. Sur le plan politique donc, poser un acte fort significatif, un chamboulement osé, comme le fait de se séparer de certains fidèles compagnons en vue de résoudre les problèmes sécuritaires, rappellerait à qui le veut bien que IBK est toujours le seul maître à bord, prêt à tout pour sauver son pays en danger.

Qui plus est, jusque-là, le président a privilégié la confiance à la compétence, car après la chute d’Amadou Toumani Touré qui a laissé pourtant des fidèles amis partout, le président avait de quoi être prudent en dirigeant le pays plus avec «les démons qu’il connaît plutôt qu’avec des anges qu’il ignore et en qui il n’a pas confiance». C’est ainsi que Pr Tiémoko Sangaré a pendant longtemps bénéficié du soutien du président en bénéficiant du portefeuille des ministères des Mines et du pétrole et de la défense et des Anciens combattants.

Dans la même veine, bien d’autres amis du président ont bénéficié des postes de hautes responsabilisations qui ne correspondent pas forcément à leur profil et formations. Cette prudence de serpent se comprend aisément, surtout que les velléités de déstabilisations du Mali sont toujours entretenues par des nostalgiques. L’on pourrait même accepter que le président IBK s’adjuge le ministère de la Défense en ces temps difficiles, histoire d’être au parfum de tout, malgré son calendrier très chargé.

Pour le nouveau gouvernement, le chantier sécuritaire sera sans conteste le plus important. Dans les nombreuses zones endeuillées par les attaques jihadistes se répand désormais le poison de la haine intercommunautaire.

« Le coût de la vie n’a cessé d’augmenter depuis 2016, dénonce un leader politique de l’opposition. Quant au projet de société « le Grand Mali avance », c’est un échec : rien n’a été réalisé. » Une critique jugée facile par l’entourage présidentiel, qui rappelle que ces grands chantiers « prennent inévitablement du temps et mais commencent à sortir de terre».

Vue la situation actuelle du pays, Ibrahim Boubacar Kéita est donc sous pression et sait qu’il lui faudra obtenir rapidement des résultats.

Le Chef de l’Etat fera durer certainement le suspense pour un remaniement jugé imminent pour faire bouger les lignes. Mais la question que se posent les Maliens est de savoir pourquoi un nouveau gouvernement ? Surtout quand l’on sait que l’actuel gouvernement dirigé par Dr Boubou Cissé est le fruit d’une longue concertation et d’accord politique entre les différents acteurs politiques du pays. Pourquoi vouloir du coup mettre fin à cet accord politique qui a permis la mise sur pied d’un gouvernement plus ou moins de large ouverture ?

Les regards sont tournés vers le Palais de Koulouba et la résidence des hôtes où les mouvements de la sont épiés par les radars. En attendant, nous nous en remettons au président IBK dans le choix de ses hommes pour gouverner notre pays dans la paix et la sécurité, gages du développement durable.

Paul Y. N’GUESSAN

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