Employés des cafés, restaurants et autres bistrots : Ces grands oubliés du Code du travail

Au Mali, comme un peu partout en Afrique, ils sont des centaines de milliers d’employés de cafés, de restaurants ou de bars à subir le diktat des patrons véreux, qui s en foutent du Code du travail.

Pire, il ne serait même pas exagéré de parler d’esclavage, dans la mesure où certains de ces employés sont livrés à une exploitation abominable, inhumaine, sauvage de la part de leurs patrons. Et on a beau introduire des réformes réelles ou supposées, elles ne changent généralement rien dans les conditions de vie et de travail de ces grands oubliés.

 Combien sont-ils à servir dans les établissements précités. Combien d’entre eux sont déclarés auprès de l’INPS qui se doit de veiller à l’affiliation des employés, mais aussi à leur protection sociale comme elle est tenue, de ce fait, d’assurer le suivi et le contrôle et, le cas échéant, de prendre les sanctions qui s’imposent.

Comment peut-on aujourd’hui concevoir que des salariés se trouvent dans l’obligation de trimer plus de douze heures par jour pour des prunes. Et sans qu’ils disposent du moindre document attestant de leur situation d’employés. Souvent, ils sont payés à la journée à 2 000 FCFA ou moins. Peut-on appeler cela un salaire ?
Kady, la trentaine d’années bien sonnée, commence sa journée dans un restaurant bamakois à partir de 8 heures. Son boulot consiste à servir les clients. Quand, il lui arrive de quitter son coin, c’est parce qu’elle est sollicitée pour … nettoyer les tables d’un client qui vient de finir de manger.

Kady reçoit sa « paie » chaque mois qui s’élève à 50 000 FCFA, en tout et pour tout. Elle ne se lamente pas, Elle se consume de l’intérieur, par conséquent. Elle dépérit à vue d’œil, Tant de témoignages aussi saisissants les uns que les autres.

Nadia est pour ainsi dire serveuse ou barmaid. Cela dépend de l’humeur du jour du gérant. Au fait, elle est bonne à tout faire. « Sept jours sur sept, je me pointe à 9 heures du matin. Là, je commence la mise en place. Je fais le compte de la marchandise du jour que je dois m’établir à écouler derrière le comptoir ou dans la salle. Quand, j’ai à gérer les deux, c’est tout simplement invivable. La journée prend fin à 22 heures. Il faut ranger avant de rentrer », commente-t-elle..

Le gérant est « large ». Là, la paie est de 75.000FCFA, le mois. Tant que ça ! « A vrai dire, je ne sais pas qui paie l’autre. Il oblige les employés à partager avec lui les pourboires de la journée. Je ne sais pas trop si c’est moi qui le paie ou si c’est lui qui me paye».
Sept jours sur sept et de longues heures par jour de travail. Heureusement qu’il y a le congé annuel. Et il ne faut surtout pas parler de congé payé ! Une sacro-sainte règle qui s’applique également au repos imposé par les fêtes religieuses.
Qu’on se le dise : les textes, si beaux soient-ils, sont condamnés à rester lettre morte, si le reste ne suit pas. En tout cas, ces employés qui sont des laissés pour compte, sont victimes d’un traitement indigne de la part de leurs employeurs.

En tout cas, au regard de cette situation qui est très déplorable, il urge que les responsables syndicaux et autres structures en charge du secteur du travail, se saisissent de ce dossier pour sauver des vies et des emplois.

Paul Y. N’GUESSAN

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