Grèves incessantes : la colère des écoliers

Si l’année scolaire 2018-2019 a été de justesse sauvée après moult grèves des enseignants. Le spectre d’une année blanche est en train de se dessiner. Et pour cause, à peine l’année scolaire 2019-2020  démarré que les syndicats des enseignants ont déclenché des grèves dans les écoles publiques sur toute l’étendue du territoire national. En effet, après la grève de 5 jours, (du 6 au 10 janvier 2020), une nouvelle grève de 5 jours (13 au 17 janvier 2020) a été décrétée ce lundi 13 janvier.

 Ainsi, des milliers de manifestants (majoritairement des élèves du primaire et parents d’élèves) ont battu le pavé à travers une marche pacifique dans la capitale sur la Primature pour exiger la reprise des cours dans les écoles publiques. Ces jeunes scolaires, le sac au dos, ont marché de Torokorobougou (Commune V de Bamako) jusqu’à, la Primature, sise à la Cité Administrative pour rencontrer le Premier ministre. Un déferlement humain sur le pont Fahd, créant un embouteillage monstre sur les deux rives de Bamako, en ce lundi 13 janvier 2020.

La situation scolaire est devenue une préoccupation de toutes les couches de la société, notamment les élèves et étudiants et de certains parents d’élèves qui face à l’intransigeance des syndicats enseignants exigeant du gouvernement le respect strict des engagements souscrits, sont monté sur le créneau pour  réclamer leur droit à l’éducation qui a longtemps été menacé.

Selon le Porte-parole des manifestants, M. Bakayoko, cette situation n’a que trop duré et il est temps que les lignes bougent pour que l’école malienne sorte de cette crise :

« La manifestation d’aujourd’hui est une expression des parents d’élèves que nous sommes. Nous ne sommes pas du côté du Gouvernement ni de celui des enseignants. Mais ce que nous voulons c’est que nos enfants reprennent le chemin de l’école ».

Aussi, révèle-t-il, à l’issue de leur rencontre avec le Premier ministre, Dr. Boubou CISSE et toute son équipe, ces derniers ont promis de mettre tout en œuvre pour la reprise des cours dans les plus brefs délais : « Le Premier ministre nous a dit que la situation de l’école est une des priorités de son gouvernement actuellement. Toutefois, il nous a aussi exhorté de parler avec les enseignants pour que chacune des parties puisse mettre de l’eau dans son vin ».

Quant aux élèves, malgré le difficile langage français, ils ont pu se faire entendre à travers les différentes interventions.

Le message est on ne peut plus clair : « Nous réclamons notre droit à l’éducation. Si les parents ne parlent pas, c’est à nous de prendre notre responsabilité. Car c’est nous qui serons appelés à gérer le Mali de demain. »

Il convient de rappeler que la situation de l’école malienne hante actuellement les esprits de toutes les couches de la société dans notre pays qui vient juste de perdre son ministre en charge de l’Education. S’il est vrai que l’Etat est une continuité, les syndicats signataires du 15 octobre 2018, conditionnent la reprise des cours à l’application des dispositions du procès-verbal de conciliation, signé en mai 2018.

Andiè A. DARA

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