Le poulet Haoussa : oui mais dans quelle condition d’hygiène ?

A Bamako, aujourd’hui un peu partout, nous voyons une nouvelle forme de grillade de poulet appelée « Poulet Haoussa » qui est d’ailleurs très prisé par le consommateur. Aux abords des goudrons, sur les grandes artères de la ville, des petits stands de grillade de poulet poussent comme des champignons. Certes, les conditions d’hygiène de certaines restent à désirer. Cependant, les avis divergent quant à la consommation du produit.

Le plus souvent exposé sur le feu, sans couverture aux abords des routes, ces poulets aux couleurs bien dorées, attirent la clientèle. Il fut un moment où les poulets brochettes étaient les plus demandés. Mais, présentement, le poulet Haoussa fait la reine de la grillade.

Au quartier Golf, non loin du restaurant PAPITO, nous avons fait la connaissance de Yacouba Traoré, un jeune homme qui a pour métier la grillade et la vente de petites friandises de poulet.

« Je suis ici depuis près de 3 ans et mon activité principale c’est la vente de poulets grillés. Depuis quelque temps, les tendances ont tourné vers une nouvelle recette et dont la préparation n’a rien avoir avec les autres formes de grillades de poulet. Comme vous le constaté vous-mêmes ça se fait sur ce genre de table métallique sur laquelle on allume le feu au milieu autour duquel les poulets en brochette sont piqués en forme circulaire et sont cuits lentement à feu doux », nous explique M. Traoré

Une activité qui est bien rentable et qui ne manque pas d’admirateurs. Autour de son stand, il avait près d’une dizaine de clients qui attendaient bien patientant leurs commandes.

« Il m’arrive de ne pas pouvoir satisfaire tous mes clients, je grille 25 à 30 poulets chaque nuit, mais ce n’est pas souvent suffisant, mais bon, j’ai peur de faire plus, car si ça ne finit pas, j’aurai du mal à conserver le reste. Les prix varient selon le volume du poulet, ça commence à partir de 3 000 FCFA. Nous vendons aussi le demi-poulet.  Mais bon, je remercie le bon Dieu, je gagne bien ma vie et j’ai plus de deux employés permanents », précise M. Traoré.

Cependant les clients ont des avis qui divergent quant à la consommation de ce type de poulet. D’un côté, nous avons ceux qui en raffolent sans se soucier des conditions de préparation et de l’autre, ceux qui s’en réservent.

Ainsi Aichata, une fervente consommatrice, nous explique son penchant pour le produit: «je vous avoue que le poulet Haoussa est aujourd’hui mon péché mignon. Je ne peux pas faire deux jours sans en acheter. J’avais l’habitude de consommer les poulets grillés, mais celui-ci a un goût spécial, je ne sais pas ce qu’ils mettent dedans, mais ça répond à mes attentes et surtout son petit goût pimenté, je ne peux plus n’en passer», témoigne-t-elle.

Par contre Mme Sidibé a des réserves quant à la consommation du poulet Haoussa : « je me demande comment on peut voir la manière dont ces poulets sont exposés à la poussière et les manger sans se soucier des conséquences. Ils sont aux abords des goudrons dans la poussière incommensurable de Bamako et les voitures qui de passage peuvent jeter des flaques d’eaux sur ses grillades que nous mangeons sans le savoir ou par pure négligence. Pour moi, c’est tout juste impossible, je ne sais même pas quel mélange ils font pour leur marinade, rien qu’à voir la couleur rouge que donne les poulets, j’ai peur. Il faut juste que les consommateurs soient plus prudents et qu’ils exigent plus d’hygiène de la part de leurs clients qui doivent couvrir les aliments. Par exemple : sur la route de Kalaban coura, il y’a un vendeur qui a bien protégé son stand et il est aussi bien sollicité. Ils s’exposent et nous vendent des bactéries cadeau», dénonce-t-elle.

ADAM DIALLO

 

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