Adama Diarra, laveur de motos : « Il n’existe pas de sot métier »

A Titibougou ACI, un quartier de la périphérie de Bamako, le jeune Adama Diarra a aménagé un espace juste en bordure de la voie qui mène à Koulikoro, dans les environs de la résidence de l’ex Chef de l’Etat, Alpha Oumar Konaré. Il s’est spécialisé dans le lavage des engins à 2 et à 4 roues.

 Rien ne prédestinait ce jeune homme à faire du lavage de motos et de voitures, sa principale source de revenus. Mais quand on a foi en Dieu au point de consacrer la journée de Dimanche à la prière, jour le plus sollicité pourtant par la clientèle, l’on dira simplement que « l’homme propose et Dieu dispose ! ».

Laveur de motos depuis trois ans, Adama Diarra avait pourtant un grand rêve : celui de devenir un « homme de tenue », policier, gendarme, garde de sécurité pénitentiaire ou militaire, peu importe le corps. Ce jeune de 25 ans a donc toujours été passionné de la « tenue ».

Celui qui a abandonné ses études en 5ème année, avouera : « Je n’étais pas un élève studieux. J’étais plutôt distrait, j’aimais m’amuser. Quand j’ai décidé d’arrêter les études, mes parents ne s’y sont pas opposés ».

Confié à son oncle à Ségou, ville qui l’a vu naître, Adama rejoindra plus tard son frère ainé à Bamako. Là, il aide son frère dans son garage d’engin à deux roues. Quelques années après, ce benjamin d’une famille de huit enfants décide de prendre son indépendance en se lançant dans le lavage de motos. « Je me suis d’abord formé auprès d’un jeune homme, pendant cinq mois, avant de m’installer à mon propre compte », raconte-t-il.

« Depuis lors, dit-il, je ne me plains pas. J’enregistre au moins une recette de 2500 francs par jour, toutes charges déduites (carburant pour la machine, savon…) ». Il précise que les frais de lavage d’une moto s’élèvent à 400 francs CFA et ceux d’une voiture à 1 000 francs CFA. Il arrive néanmoins des jours où les motos se font rares mais Adama reste optimiste. « Il y a des jours où ça va, il y a des jours où ça ne va pas. Tout dépend de Dieu », relativise le jeune entrepreneur. Il est convaincu qu’« il n’y a pas de sot métier mais des sottes gens ».

De leur côté, les clients ne tarissent pas d’éloges pour le jeune homme. « Je suis vraiment satisfait de son travail. Il est sérieux dans ce qu’il fait et nous ramène même la moto après l’avoir lavée », témoigne Oumar Touré, un client. Comme lui, Pascal Samaké apprécie positivement le travail du jeune homme : « Il est professionnel. On sent qu’il aime vraiment ce qu’il fait ».

Pour réaliser son rêve de porter « la tenue », Adama Diarra suit parallèlement des études en cours du soir. Il est inscrit en classe de 7ème année. A défaut, il voudrait mettre en place une quincaillerie.

Paul Y. N’GUESSAN

 

 

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