Grossesse précoce : la sensibilisation pour circonscrire le mal

Les jeunes filles scolarisés en état de grossesse sont de venues monnaies courantes de nos jours. Et les chiffres sont alarmants au plan international. Au Mali, dans certains établissements de la rive gauche au cours de l’année scolaire 2018/2019, plusieurs cas de grossesse ont été enregistrés contraignant du coup les victimes à abandonner les classes.

Une situation qui prend des proportions inquiétantes, vue le nombre de jeunes filles qui y font face à chaque rentrée scolaire. Face à ce fléau, quelles sont les résolutions  et les stratégies développées par les promoteurs d’école pour circonscrire le mal.  

Les grossesses précoces en milieu scolaire sont le plus souvent dues à un manque d’information, ou de la volonté de certains parents qui donnent leurs filles en mariage de façon précoce. Les conséquences des grossesses précoces sont entre autres la reprise des classes ou l’abandon scolaire. Le hic dans tout ceci est qu’il n’existe pas de statistiques pour cerner de façon exhaustive l’ampleur de ce phénomène.

Pour preuve dans les académies d’enseignements ou dans les Centres d’Animation Pédagogiques, les responsables de ces structures scolaires ne semblent pas s’intéresser ou se préoccuper de ce mal scolaire, car au cours de notre enquête aucun responsable n’a pu nous fournir de chiffres exacts. Selon eux, les écoles ne leur communiquent rien en termes de chiffre sur la question des grossesses au sein de leurs établissements respectifs. Réponse, trop facile juste pour se donner bonne conscience. Car en réalité, cette tâche devrait leur incomber afin de fournir des rapports bien détaillés au département de tutelle. Cela, dans le but de permettre au ministère d’engager la réflexion sur le phénomène.

Avec cette campagne médiatique sur l’importance de l’éducation des jeunes filles, les responsables des académies d’enseignement de Bamako doivent revoir leurs stratégies en matière de management. Il est inconcevable qu’un responsable d’académie affirme n’avoir constaté aucun cas de grossesse alors que des enseignants soutiennent le contraire.

Au Groupe scolaire Madani Traoré, le coordinateur de l’école soutien avoir recensé trois cas au cours de l’année 2018-2019, des élèves en classe de 8ème  et de 9ème années. Il nous explique le mode au sein de son groupe scolaire qui permet de savoir le nombre de fille en état de grossesse. « Pour pouvoir déceler des cas de grossesse chaque semaine les Directeurs font des contrôles d’absence et c’est généralement par la suite qu’ils arrivent à déceler des cas de grossesse, » dira-t-il.

Pour le Directeur du groupe 2 du groupe scolaire Madani Traoré : « une grossesse ne peut être cachée durant 2 voire 3 mois. En cas d’absence répétée de l’élève, elle est convoquée pour se justifier, et ce sont ces moments qui nous permettent de savoir les causes de leurs absences répétées dues des fois à des cas de grossesse. Malgré leurs états de grossesse, les élèves ont le droit de continuer à suivre les cours, mais avec les pressions extérieures certaines délaissent l’école, » soutiendra le Directeur. Mais à l’entendre, aucune des filles mères n’a eu à réintégrer l’école après leur accouchement.

Contrairement au groupe scolaire Madani Traoré, le complexe scolaire Union sis à Hamdallaye ACI Bocoum, fait une petite différence.  Car le Censeur, Abdou Sylla, fait savoir que son établissement  a  enregistré 2 cas de grossesse pour l’année académique 2018-2019. Et il se trouvait qu’une parmi les élèves était une femme fiancée. « Avec des cas courants comme ceux-ci, la stratégie que nous avons mise en place depuis l’année 2018-2019 était la sensibilisation. Nous avons fait appel à un sociologue, un psychologue, et médecin qui sont venus livrer des conseils sur les enjeux et risques des grossesses. » Martèlera-notre interlocuteur.

Assitan SIGA FADIGA

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