Législatives de 2020 : bannir les alliances contre-nature

Après plusieurs reports, les Maliens procéderont en fin mars à l’élection de leurs députés. Ces élections, tant attendues, sont la locomotive de la démocratie malienne. Les partis politiques s’activent farouchement pour s’emparer de la part du lion : la majorité n’a d’autre but que d’asseoir sa suprématie et l’opposition se battra pour avoir une place honorable dans l’hémicycle afin de jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir.

En effet, pour parvenir à leur fin, certains acteurs politiques n’hésitent pas à faire des alliances contre nature dans certaines circonscriptions. La politique étant devenue le moyen le plus rapide pour certains de se hisser au sommet de l’Etat. Ainsi, pour les politiciens, tous les moyens sont bons pour atteindre leurs objectifs. C’est pourquoi pour être élu député, certains  procèdent à des alliances contre nature, parfois aux yeux de l’opinion publique qui a du mal à comprendre.

 Les alliances indésirables

 Aux élections communales ou législatives, généralement les candidats ne vont pas sur leur liste propre (sans alliance). Est-ce par peur de perdre ou par souci de ratisser large ? En cette veille des législatives, des candidats s’allient à d’autres avec qui ils n’ont ni la même idéologie, encore moins le même statut. Certes, les alliances politiques sont permises en démocratie, mais elles doivent se faire dans le respect de l’intelligence des électeurs. Comment un candidat de l’opposition radicale peut-il pactiser avec celui de la majorité pour former une liste? C’est illogique! Sachant ben que leurs positions sont inconciliables lors des votes à l’Assemblée. Cette complicité ne durera que le temps des campagnes. Une fois élus, les hostilités entre colistiers ne tarderont pas à faire surface.

Les acteurs politiques maliens doivent tourner le dos à ce genre d’alliance et les électeurs doivent être maitres de leur destin. Ce qui prouve clairement que certains candidats ne visent rien d’autre que le titre de député. Et pour le reste, ils s’en fichent. C’est pourquoi le Mali depuis des décennies n’arrive pas à avoir une Assemblée nationale avec les représentants du peuple qui n’ont d’autre souci que de veiller à la bonne gouvernance pour le bonheur de l’ensemble des maliens.

 Un parti, une liste propre

 Quoi de plus normal que d’aller avec une liste propre composée uniquement des membres d’une même formation politique ayant une même vision et un même objectif. Tous les partis politiques doivent former leur liste unique, composée de militants et de sympathisants, pour non seulement prouver leur maturité mais aussi pour faire connaitre leur légitimité. Il est grand temps que les électeurs prennent leurs responsabilités en sanctionnant tous les candidats qui ne cherchent à être député que pour se servir et non servir l’intérêt général.

Mieux, les élections législatives sont un moment solennel dans la démocratie, car les députés sont les représentants du peuple. Ce sont eux qui votent les lois et contrôlent l’action gouvernementale. Alors, le choix du député ne doit pas être un jeu de hasard. Ainsi, les électeurs ont l’obligation, pour l’avenir du pays, de jeter leur dévolu sur des candidats dignes, confiants qui les représenteront au sein de l’hémicycle. Ce choix doit être un acte désintéressé empreint d’honnêteté et de dignité. Le Mali a tant souffert et les Maliens ont trop subi. Alors il faut un changement et cela doit commencer par cette élection législative.

Seydou Karamoko KONE

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