Piercing : beauté ou source de torture

Pour une beauté parfaite, les femmes sont capables de tout. Et parmi les nombreuses astuces figure le piercing. Moyen de se rendre belle, le piercing peut source de torture et de maladie pour bon nombre de jeunes filles si les conditions d’hygiène ne sont réunies. La pratique ne date pas d’aujourd’hui. Les oreilles de la jeune fille sont percées dans bon nombre de société malienne dès les premières semaines de la venue au monde.

Mais de nos jours, la pratique commence à prendre une allure que celle auxquelles nous étions habitués par le passé. Car, en plus de l’extravagance de ses piercings, ce sont toutes les parties du corps qui en souffrent aujourd’hui. Il s’agit notamment du nez, de la langue, des lèvres, des tétons et même souvent des parties génitales.

Le piercing donne une certaine sensualité à la femme, aujourd’hui véritable phénomène de mode. Les jeunes filles n’épargnent aucune partie de leur corps. Ce qui, souvent, porte atteinte à leur santé. Un avis que certaines jeunes dames de la capitale ne partagent pas. « Je n’avais qu’un seul piercing, celui qu’on m’a fait toute petite. Mais avec mes copines nous avons ajouté deux à ceux des oreilles et percer nos nez aussi. Et après j’ai constaté un changement, mon visage est devenu plus graillonnant et attirant et les gens commençaient à me demander ce qui avait changé. Je me sens plus belle et plus séduisante ». Soutient une adepte du piercing.

« En plus, pour créer la différence entre mes copines et moi, je me suis percée la langue. Ce qui a été plus douloureux et le traitement a pris du temps mais après j’ai aimé le résultat. Tout a changé chez moi en matière d’esthétique surtout ma manière de parler qui est devenue plus captivante. Cependant, mes parents ne l’ont pas cautionné et j’ai été contrainte d’enlever les perles », dira-t-elle.

Yaya, un jeune Ivoirien rencontré aux Halles de Bamako, qui pratique le métier de piercing, nous assure que c’est un métier qui est sans repos et bien lucratif car les clients ne manquent pas. « Avant je le faisais à mais nu juste avec la partie pointue des boucles d’oreilles que je désinfectais avec de l’alcool. Mais depuis 3 ans, j’ai acheté une machine, que l’on appelle pistolet, plus rapide et moins douloureux. Je gagne au moins 30 000 F CFA par jour. Le prix du piercing dépend de la partie du corps à percer car il y a des filles qui viennent se percer les tétons ou même les parties intimes donc je fixe les prix en fonction de ça, » nous confie le jeune Yaya.

Le problème n’est pas le fait d’avoir beaucoup de piercing mais plutôt la manière et les conditions dans lesquelles les piercings sont faits.  Cependant, le jeune Yaya nous affirme utiliser une nouvelle aiguille sur chaque client pour éviter toutes infections. Mais il faut savoir que quel que soit les précautions prises, les risque demeurent. « Nous ne condamnons pas catégoriquement le piercing mais nous demandons à ce que cela réunisse les conditions d’hygiènes. Et après les plaies soient bien pensés jusqu’à cicatrisation. Mal faits, les piercings peuvent avoir de nombreuses conséquences comme des Chéloïdes, des nécroses qui souvent deviennent des plaies qui s’infectent par la suite.

Il ne faut pas oublier que la pratique comporte des risques de transmission du VIH/SIDA, de l’hépatite etc. Les risques sont nombreux, le piercing de nombril peut provoquer des déchirures, des distensions abdominales qui peuvent provoquer des douleurs pendant la grossesse et surtout pendant l’accouchement sur les mamelons cela peut causer des infections de la glande » conclut Dr. Bagayoko du CHU Gabriel Touré de Bamako.

Adam DIALLO

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