Restauration publique : les hommes s’y invitent !

Se faisant presque partout dans les rues de la ville de Bamako, la restauration publique est devenue depuis un bon moment comme des « enseignes lumineuses » qui font briller cette ville cosmopolite gonflée par l’exode rural et la mondialisation.

Munis de postes téléviseurs et des décodeurs Canal+, ces édifices sont de véritables lieux de rencontre de plusieurs Bamakois. Nantis ou pas, ils ont pris plaisir à s’offrir un poulet braisé ou rôti, dans ces garrottes.  Parfois, les jeunes amoureux– qui manquent de gros moyens pour aller dans des restos formels y convergent pour passer le temps et faire avancer leurs relations amoureuses.

 Pendant très longtemps, pour l’homme malien, cuisiner était réservé uniquement aux femmes. C’est un préjugé dans la société traditionnelle selon lequel un homme, qui s’adonne à la cuisine, diminue sa virilité d’homme. On lui disait de ne pas fonder un foyer. De même on traitait de « Muso Djon » qui veut dire esclave de femme.

Mais avec le brassage avec les autres nationalités dans la capitale, et le chômage qui s’est invité à une vitesse record,   ce qui était un préjugé d’hier est devenu source de revenu financière aujourd’hui.

Car le manque de boulot, la crise économique, les difficultés quotidiennes de la société ont contraint certains hommes à se mettre à la casserole, tant en famille pour aider leurs conjoints ou pour être tenanciers de restaurants publiques. Aujourd’hui les Maliens sont en train de ravir la vedette aux étrangers qui étaient les maîtres dans les rues de Bamako en restauration. Les gargotes poussent comme de petits champignons spécialisés dans la grillade et la friture.

Ces tenanciers de restaurants publiques maliens ne sont ni complexés ni gênés de leur gagne-pain quotidien, car on les voit s’activer au four et au moulin afin de satisfaire leurs clientèles. Il arrive qu’ils cuisinent jusqu’à des heures tardives car ils font l’affaire des travailleurs, des femmes et surtout des noctambules.

Avec cette prise de conscience, il s’avère nécessaire que les hommes surtout en bas âge, s’efforcent à avoir des notions culinaires, surtout que certains sont appelés un jour à quitter les parents pour des études. Voir un homme cuisiner de nos jours ne doit plus être un sujet tabou, mais plutôt une nécessité.  Il est peut-être temps de briser par la même occasion le mythe qui consistait à faire croire que l’homme ne devrait pas cuisiner. Les réalités du moment nous imposent certaines réalités auxquelles nous devons faire face.

Adam DIALLO

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