Unités et carburant : les deux plus gros services budgétivores pour les maliens ?

Face à la propagation des stations-services appartenant à des sociétés maliennes ou étrangères, et la montée vertigineuse de l’utilisation des téléphones, nous avons tenté de faire une étude comparative au niveau de ces deux secteurs vitaux pour savoir entre le carburant et les unités téléphoniques, lequel des deux produits est le plus consommé au Mali ? Enquête !

Pour en savoir, nous avons interrogé certains clients et autres professionnels des secteurs qui ont bien voulu nous donné leur avis.

Aujourd’hui, nul besoin de rappeler la place qu’occupent le carburant et le téléphone dans la vie de tout citadin moderne. En effet, les Maliens ne font pas exception. La preuve, ils sont nombreux les Bamakois qui consomment le carburant et les unités téléphoniques sans parfois savoir le montant qu’ils y mettent.

Mieux, de nos jours, le carburant et le téléphone constituent des signes déterminant du développement social et économique, et répondent aux besoins des populations en ce qui concerne l’amélioration du cadre de vie et l’augmentation de la productivité.

En effet, bien que le Mali soit un pays importateur de produits pétroliers aux écosystèmes fragiles, leur consommation enregistre une croissance galopante.

Les experts estiment cette augmentation à 300 millions de tonnes pour l’Afrique, soit 70% à l’horizon 2025 selon l’AFD. « Les 2/3 de cette croissance se situent en Afrique subsaharienne contre 1/3 pour les pays du Nord avec des importantes infrastructures de l’aval du secteur pétrolier ».

Selon un pompiste d’une station non loin de la Tour d’Afrique, à qui nous avons expressément posé la question de savoir entre le carburant et les unités téléphoniques lequel est le plus prisées à Bamako :« Moi, je n’ai pas de doute, ce sont les crédits. Car moi, je ne peux pas faire la journée avec 1000 FCFA de crédit. Et là aussi, ça dépend des jours. Si j’ai des missions, je peux même prendre 2 000 FCFA de crédit par jour ».

Quant à cet autre chauffeur d’une entreprise privée de la place, il estime que la consommation de ces deux produits dépend des circonstances, néanmoins, il dira :« Dans la semaine, ma consommation minimum en unités téléphoniques est de 4 000 FCFA et le maximum est de 6 000 FCFA. Concernant le carburant, c’est surtout pendant le week-end que je prends beaucoup de carburant. Pour les 3 jours, je prends 10 000 FCFA d’essence ».

Pour beaucoup de Maliens interrogés, la forte consommation des unités téléphoniques s’explique par les multiples campagnes de promotion offertes par les opérateurs téléphoniques.

Pour ce taximan, le carburant est le levier de leur business : « Le métier de chauffeur va de pair avec le carburant. Ce que je dépense dans le gaz oïl est beaucoup plus important que le bénéfice dont je tire de mon métier le plus souvent ».

Le chauffeur de citerne stationnée devant l’ONAP, nous raconte que la consommation du carburant et les unités téléphoniques est en concurrence.

« Ici, nous pouvons faire une semaine avant d’être libéré pour aller au dépôt dans la mesure où il y a plus d’une centaine de citerne qui attendent ».

En outre pour cet agriculteur, le carburant reste de loin son produit le plus utilisé : « Le gaz oïl joue un rôle essentiel dans la motorisation agricole. Moi, avec mes tracteurs dans mon champ, je peux utiliser 15 à 20 litres de gaz oïl, même si cela est très souvent un travail saisonnier ».

Selon le Rapport d’étude sur le développement du biocarburant au Mali, c’est le secteur des transports qui absorbe la majeure partie des produits pétroliers au Mali avec 76%. Il ressort y que 65% du parc automobile malien fonctionnent à l’essence (VP et 2 roues) et 35% au gasoil (transport en commun et camion essentiellement).

En 2018, le Mali enregistrait 61 importateurs dont 4 multinationales. Les opérateurs privés nationaux couvrent les 79% de par le marché avec une capacité de stockage de 26 446 mètres cube à Bamako, selon une Note Conjointe de conjecture du premier trimestre 2018.

« Moi, je suis sûr que c’est le carburant. Mais avec l’état du parc automobile ajouté au nombre élevé de véhicules dans notre pays, il est évident que c’est l’essence et le gasoil qui sont prisés»,estime M Traoré, mécanicien à la retraite.

A cela, il faut aussi prendre en compte l’avis des vendeurs informels d’essence qui ont pris de l’ampleur au Mal. Certains clients y voient une bonne opportunité de passer une situation critique.

Les produits pétroliers couvrent essentiellement les besoins nationaux en ce qui concerne les transports et la production de l’électricité.

Pour ce chef logistique d’une compagnie de la place, le carburant est indispensable pour leur business. « Nous faisons le tronçon Bamako-Sevaré, chaque jour nous avons au moins 2 bus qui quittent Bamako pour Sevaré et deux autres bus inversement », explique-t-il.

Quant à ce comptable d’une autre société, il nous confie que son entreprise dépense plus en carburant qu’en unités téléphoniques : « la facture concernant le carburant s’élève environ à 400 000 FCFA le mois. Alors que celle des unités téléphoniques est de 300 000 FCFA».

S’il est vrai que les unités téléphoniques et les produits pétroliers notamment le carburant constituent le moteur de tout programme économique, au Mali, les populations sont de plus en plus confrontées à son utilisation, en raison de leurs prix jugés chers par rapport aux pays voisins. .

 

Andiè Adama DARA

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