29 ans du renouveau démocratique : avons-nous réussi ou échoué ?

La Constitution que la Conférence nationale a engendrée est révisée, la gabegie financière bat de son plein et les acquis des assises ont été plus ou moins foulés au pied depuis trois décennies maintenant. En résumé, la Conférence des forces vives de la Nation, que tous les médias du monde ont moult fois cité en exemple, est en train de perdre la place qu’elle devrait légitimement occuper dans l’Histoire de la transition du pouvoir en Afrique. Les Maliens n’ont pas le droit à l’oubli.

29 ans après la Conférence nationale, les Maliens en sont aujourd’hui au bilan. Il s’impose d’ailleurs de lui-même au regard des diverses expériences vécues par le peuple d’un régime à l’autre depuis l’entrée du Mali en démocratie.

Le 12 Août 1991, la fin des travaux de la Conférence Nationale inaugurait une nouvelle ère démocratique pour le Mali. La célébration du 29ème anniversaire de cet événement historique nous invite surtout à la réflexion et à des questionnements. En vérité, que d’eaux ont coulé sous le pont avec leurs succès et leurs échecs. On comprend bien le regain de bilan qui s’empare de la plupart des acteurs de cet « événement majeur, fédérateur et unique » de la sous-région.

Chacun y va de son humeur et surtout de l’étendue de ses espérances au sortir desdites assises historiques. Seulement que certains se disent embrouillés dans cet exercice de bilan, au regard du contexte socio-économique et politique actuel difficile du pays engendré par la crise multiforme que traverse le pays.

Il nous faut accepter de faire un bilan sur les plans économique, social et politique avec lucidité. Le professeur Ali Nouhoum Diallo, par exemple, déclare sans ambages : « La conférence nationale n’est pas un événement conjoncturel, un accident de l’histoire. Ce n’est pas non plus un événement banal. D’autant que ses résultats sont là. La Conférence nationale a permis d’engranger plusieurs acquis : le pluralisme politique, les droits de l’homme, la dignité de la personne humaine. Nous avons reçu aussi de la conférence nationale, des instruments pour réaliser dans notre pays l’alternance, pour que nos élections soient concurrentielles. L’alternance politique a également été rendue possible grâce à la Conférence nationale.

Plusieurs candidats ont ainsi pu faire compétition pour occuper le poste de président de la République. Les acquis de la Conférence nationale ne peuvent pas être des acquis conjoncturels, des fleurs de saison ou quelque chose qui est généré pour un temps et qui a vocation à disparaître. Les acquis de la Conférence nationale resteront des empreintes définitivement ancrées dans notre vie quotidienne ». Or, « il y a comme une démolition méthodique des acquis de la Conférence nationale. Nous avons perdu en qualité de vie démocratique. Le défi est encore plus grand ». La question qui mérite d’être posée ici est de savoir la part de responsabilité de chaque Malien dans l’essoufflement démocratique que connaît aujourd’hui le Mali.

Ils sont nombreux aujourd’hui, les Maliens, à reconnaître que des efforts restent encore à faire dans des domaines comme la liberté de la presse, les libertés publiques, la justice, la séparation des pouvoirs. Aujourd’hui, la lutte contre la corruption dans tous les domaines semble plus visible et plus marquée. Le contraste ici, c’est que malgré les efforts d’assainissement opérés surtout dans le domaine économique, le panier de la ménagère continue de s’amenuiser. En définitive, nous avons tous des efforts à faire, voire des sacrifices à consentir, pour que la célébration de ce vingt-neuvième anniversaire serve de tremplin pour redonner au Mali sa vitalité dans les trente prochaines années.

Paul Y. N’GUESSAN

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