US & COUTUMES : Mariage en pays Bozo

Les Bozos, une ethnie mandingue de l’Afrique de l’Ouest et spécialiste de la pêche, vit principalement au Mali et au Niger. Ils sont considérés comme « les maîtres du fleuve ». La plupart des Bozo du Mali sont originaires de Dia, ville située au centre du Mali considérée comme l’une des plus vieilles villes du pays. Et ils sont liés aux dogons par la parenté à plaisanterie. Pour votre deuxième numéro consacré aux mariages, voilà un petit tour d’horizon concernant le mariage des Bozos.

Pour la célébration du mariage en milieu Bozo, plusieurs traditions sont établies. Ainsi, Mme Konta Oumou Konta, une femme Bozo nous a ouvert son univers en nous expliquant les différentes étapes effectuées lors de son mariage : « Notre culture est sacrée. Quand deux personnes décident de s’unir, c’est pour le meilleur et pour le pire ». Témoigne-t-elle. Avec l’évolution du monde, les époques ne se ressemblent plus. Malgré tout, nous avons gardé certaines valeurs qui restent et qui resteront à jamais.  Chez nous, poursuit-elle le mariage est une alliance entre deux familles liées par une parenté.

Pour la première étape de mon mariage, confie-t-elle, mes parents ont entamé mes fiançailles avec un de mes cousins paternels. Et c’est de là que les premières démarches ont commencé. Aussitôt, mon cousin a affiché son intention de me marier. Il a demandé aux frères de son père commencer les démarches. Un homme de caste est venu rencontrer mes parents. Après l’entrevue mes pères ont informé mes Mamans. De là, mes parents se sont consultés pour ensuite décider de mon mariage (j’étais déjà informée et j’ai donné mon accord). Quelques semaines plus tard, les deux familles se sont rencontrées après pour conclure l’union. Après quelques mois, la date du mariage a été fixée et ce choix du jour a été laissé au soin des anciens.

Dès que la date a été validée, nous avons célébré le mariage civil. S’en suivent alors les salutations d’usage et les autres étapes de la célébration. Tout le monde a dansé et a chanté.  Une de mes tantes m’a lavée proprement le soir aux environs de 19 heures. Celle-là m’a enseignée les astuces d’un mariage réussi. Après, j’ai reçu les bénédictions des parents avant de porter les habits de mariage. Je rappelle que j’ai été conseillée par toutes des vieilles femmes de la famille.

Ensuite, mes cousines et mes amis m’ont cachée. Une fois que les amis de mon mari sont venus, ils ont donc passé des épreuves pour montrer leur bravoure en donnant un gros poisson et de l’argent à mes cousines. Après une semaine de festivités, toutes les femmes ont été invitées dans ma belle-famille pour une séance de bénédiction et de décoration de ma maison. Une semaine après la nuptiale, j’ai préparé du poisson pour la famille.  Cette cérémonie était très importante pour moi car j’ai pu montrer mon savoir-faire en matière de cuisine. J’ai montré la preuve que je maîtrise l’art cuisinière Bozo et j’ai réussi ce test.

Ce jour, ma vie conjugale a commencé. Aujourd’hui, je vis avec mon mari et ses parents.

« Même si certaines traditions ne sont plus pratiquées, je suis fière de ma culture. Je demande à la nouvelle génération de garder nos traditions car nous nous y reconnaissons. Et elles renforcent nos unions ». Conclut Mme Konta. J’espère que vous avez aimé son histoire et compris les étapes du mariage chez les Bozos.

Fatoumata KOITA

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