Anxiété : la Peuro-Corona

L’inquiétude à cause du Covid-19 au Mali se propage presque plus rapidement que le virus lui-même. Depuis la confirmation des cas, la peur s’installe et se fait sentir dans les cœurs des Maliens.

Le sociologue Mamadou Dembélé nous apprend que la menace de l’épidémie du coronavirus prend de plus en plus de l’ampleur sur le territoire national. La peur, souligne notre spécialiste, est une émotion naturelle. Ce phénomène inhabituel survenu a pour corolaire : la peur qui s’est installée à tous les niveaux. Cette peur qui commence à être généralisée s’explique par la progression progressive de la maladie avec la découverte de nouveaux cas.

La peur est donc une participation négative à quelque chose qui ne s’est pas encore produit et ne va peut-être même pas se produire.  En effet, précise le sociologue Dembélé, certaines personnes ont tendance à se laisser envahir par des pensées négatives. Mais dans des situations comme celle que nous connaissons aujourd’hui, il est tout à fait compréhensible de se sentir stressé, d’avoir peur ou bouleversé. Indique-t-il. Cependant, il conseille d’avoir des pensées positives ou de discuter avec des proches, plutôt que d’essayer de s’attaquer à un problème pour lequel nous n’avons pas la solution.  C’est-à-dire « focalisons-nous sur ce que nous pouvons contrôler ».

Selon Oumar Sow, Ingénieur, cette phobie est, sans doute, le premier obstacle à franchir pour lutter contre le virus, la peur. Certains hommes diront certainement que rien ne leur fait peur mais le mental à l’abri du regard se questionne sur l’apparition des symptômes aussi infinies qu’elles soient.  D’autres, par contre, refusent de livrer cette bataille mentale et se mettent déjà à l’évidence que la maladie s’est pointée.

Alors, faut-il, combattre ou s’avouer vaincus par les échos mentaux ? Se demande M. Sow. Et la réponse à cette question, selon lui, est purement médicale car les professionnels avisés du domaine médical particulièrement les psychologues diront certainement que le courage n’est pas l’absence de la peur mais une capacité mentale à l’affronter au moment opportun. Ceux ayant choisi de prendre le dessus sur cette voie dans la tête risquent aussi de tomber dans la facilité à cause du non-respect des mesures préventives.

Les autres, se laissant dominer par la voix, risquent de tomber dans une profonde dépression les empêchant de mouver. Cet état ne présente pas seulement des côtés négatifs. Notre interlocuteur explique que la peur d’être contaminé pousse à la paranoïa et pousse à faire attention aux moindres détails pour se protéger contre le Covid-19.  La question à poser alors est alors la suivante. La peur ne sera-t-elle pas la meilleure solution ?

Quant à Oumar Diallo, Gestionnaire, il souligne que le virus a déjà tué des personnes en Chine avant qu’elles ne soient contaminées. Car il y a eu des suicides pendant le confinement en Chine. La récession économique, qui va suivre cette crise, risque également de provoquer des morts, selon certains spécialistes. Il s’agit notamment de la crise alimentaire, de la dépression etc. Il poursuit en disant qu’on doit s’attendre au pire.  En Afrique nous ne sommes pas préparés à ce genre d’événement. Heureusement qu’on n’est pas assez touché par la pandémie. Toutefois, on est touché sur le plan économique puisque notre dépendance est trop forte à l’Europe et l’Asie.

Pour le politologue Diakité, du moment où le virus ne peut tuer sans que la victime ne soit contaminée, il y a de l’espoir. Il est vrai qu’à ce jour, il existe un climat général de psychose dans le pays. Par ailleurs, les gestes barrières sont et demeurent les meilleurs moyens pour se prémunir contre le virus.

« S’il est important de rester informé sur les mesures à respecter, une chose est sûre, parcourir les réseaux sociaux ou internet 24 h sur 24, ne vous apportera rien de bon.  Appliquons les gestes barrières pour nous protéger des infections ». Dira-t-il.

Il est à rappeler que les études scientifiques sont formelles : « le coronavirus auquel nous sommes actuellement confrontés provoque des symptômes bénins dans la plupart des cas. Environ 80 % des malades guériraient sans avoir besoin de traitement particulier. Pourquoi donc tant d’inquiétudes ?

Fatoumata Koita

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