Coton OGM : Sa valorisation est-elle nécessaire au Mali ?

Le Mali, comme la plupart des pays africains, est caractérisé par une agriculture paysanne ou familiale. Mais actuellement, l’agriculture transgénique (adjectif venant de Organisme Génétiquement Modifié : OGM) est sur le point d’y entrer avec le coton Bt. Or, depuis de nombreuses années, les dangers liés à cette agriculture et les controverses qu’elle a soulevées tant sur les plans scientifiques, économique, socioculturel qu’éthique sont si énormes que les débats font rage partout dans le monde sur la question.

Les paysans du Mali et leurs syndicats ont lutté fortement pour avoir leur propre place dans les décisions qui les concernent et pour obtenir leur part de revenus de la production du coton dans le pays. Mais, les succès des paysans sont en danger de disparition. Les multinationales sont à la porte, prêtes à presser les paysans pour les miettes qui leur échappent.

En 2006, le coton génétiquement modifié représentait ¼ des espaces cultivés et 1/3 de la production mondiale. Aujourd’hui, de nombreux pays tels que les USA, l’Inde, et la Chine, qui sont parmi les plus grands producteurs de coton, se sont considérablement engagés dans la production du GM. Et à ce jour les pays africains s’imposent progressivement. Parmi eux, l’Afrique du Sud fut le 1er pays à se lancer dans la culture du coton GM depuis 1995. Et le Burkina Faso, fut le 1er à se lancer dans la pratique en Afrique de l’Ouest.  Conçu dans l’optique de produire plus en fournissant moins d’efforts afin de permettre aux pays producteurs de faire des exploits soulèvent de nombreuses questions surtout pour les pays en voie de développement qui considère le coton comme l’alternative au développement.

Une expérience qui a été favorable pour d’autre, une contrainte pour certains ce qui confirmât le doute de certains qui c’étaient retenus. L’exploitation des semences des OGM est certes bénéfique mais n’est pas pour autant sans problème surtout celle du coton dont la culture est très délicate et demande une réelle connaissance  en la matière.

 Le Burkina Faso est revenu à la culture conventionnelle:        
Le Burkina Faso a lui aussi souffert en 2017. Contrairement au Mali voisin, la météo n’a pas été clémente pour les producteurs du coton Burkinabè qui ont eu aussi affaire à un autre fléau : une invasion de chenilles légionnaires, revenues en force depuis l’abandon des semences OGM.

Le pays avait entamé en 2008 sa conversion aux semences de la société américaine Monsanto, jusqu’à y impliquer les trois quarts de sa production. Mais le coton Bollgart II n’a pas tenu ses promesses. Ayant constaté qu’il filait du mauvais coton avec Monsanto, l’Etat Burkinabè a opté pour la culture du coton conventionnel au détriment d’un coton génétiquement modifié. Le pays ne reste pas pour autant fermé à la biotechnologie.

Les pertes engendrées par la culture du coton OGM sur la période 2011-2016, soit jusqu’à la date de la rupture entre le Burkina et Monsanto, ont été évaluées à 48,3 milliards de francs CFA, soit environ 70 millions d’euros.      Malgré ces risques, des essais au champ du coton Bt ont été déjà entrepris dans la sous-région, au Sénégal et au Burkina Faso, sans aucun suivi réglementaire et sans aucune information et consultation du public. La même situation pourrait se reproduire au Mali où l’IER (Institut d’Economie Rurale), USAID, Monsanto, Syngenta et Dow Agro-sciences avaient conclu un plan de 5 années pour l’introduction et le développement du coton Bt dans le pays.
Mais l’expérience malheureuse du Burkina Faso avec les semences de Monsanto aura au moins servi aux Maliens qui, depuis 2012, réfléchissent à convertir aux plants génétiquement modifiés et ont préféré maintenir la culture conventionnelle. Ce qui a réussi. Selon le ministre de l’agriculture Moulaye Ahmed Boubacar, s’il y a des possibilités d’augmenter les rendements sans recourir au coton génétiquement modifié, la transformation est un enjeu majeur pour le Mali. Cela permet d’accroître la plus-value générée dans un secteur où seulement 2% de la production est transformée sur place.

Adam DIALLO

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