Le Coronavirus de Yougo

Le Coronavirus de Yougo

Le vieux Bathily, a Sébéninkoro, est un commerçant au grand marché connu et respecté par tout le voisinage. Presque la grande majorité de la population l’appelle affectueusement Yougo. Il a deux épouses et des progénitures, avec un commerce très florissant.

Subitement, Yougo qui a le front noirci par la prière et qui est la terreur de sa famille, a commencé par inquiéter tout le monde. Il ne sort plus de sa chambre, interdit l’accès à ses deux femmes même pour lui apporter le repas. Pire, il ne va plus à la mosquée (sa deuxième maison) comme disaient ses épouses.

Yougo ne sortait plus, ne s’alimentait plus. Il était devenu subitement gentil et communicateur, expliquait ses affaires à ses aînés, demandait pardon à ses épouses pour un oui ou un non. Ces femmes ont cru que c’était prémonitoire. Yougo, la terreur de sa famille, qui ne donne d’explication à personne, qui ne regarde le visage de personne, change de façon aussi radicale.

Tous les jours, c’était des pleurs d’abord silencieux jusqu’à ce que ça devienne des cris et que les voisines viennent aider également. Pendant ce temps, il avait une tradition à laquelle il n’a pas dérogé : celle d’appeler sa sœur deux fois par jour.

Au bout de 15 jours, Yougo se releva, repris ses vieilles habitudes et son sale caractère à la satisfaction de toute la famille. Yougo avait étreint sa sœur récemment rentrée de la France avant d’entendre parler de Coronavirus. Il se croyait atteint, jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’un mois après le retour de celle-ci retour qu’elle n’avait toujours rien !

Soumba Diabaté (Stagiaire)

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