COVID 19 : Le plan de riposte de l’Union africaine

Face à la pandémie du Covid 19, qui sévit à travers le monde, avec un ravage humain sans précédent, l’Union africaine a des recettes.

A la date du 21 Avril 2020, le Continent africain enregistrait « 25 652 cas confirmés et 1 229 décès » a annoncé le Centre Africain de Contrôle et de Prévention des Maladies (CDC). Cette agence spécialisée de la Commission de l’Union africaine (UA) déduit de son suivi régulier de la crise que : « le virus s’est répandu dans 52 pays » sur les 55 que compte l’Union africaine. Parmi les pays les plus touchés en Afrique : l’Egypte occupe la première place avec plus de 3.347 cas confirmés ; l’Afrique du Sud 3.300 cas confirmés ; le Maroc 3.064 cas confirmés ; et l’Algérie 2.718 cas.

Une situation assez alarmante, qui ne laisse pas indifférente l’Union africaine, qui réfléchit à un plan de riposte coordonné contre le Covid 19.

Avec 55 pays membres, l’Union Africaine entend mobiliser toutes les énergies pour faire face au Covid 19. Car les Etats membres de l’Union Africaine, dont la plupart fait face à des défis énormes de développement, encourent le risque d’un effondrement prolongé, si toutefois les perturbations apportées par le Covid 19 sur le plan politique, institutionnel et économique ne sont pas maîtrisées.

Ainsi, depuis Addis-Abeba, on s’attèle à la mobilisation des fonds, à la coordination des actions, et surtout à mettre en place un plan de riposte ambitieux pour l’avenir.

Et pour cause, l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) envisage le pire scénario avec un éventuel déclin de 32% du commerce mondial. L’impact qui en résulterait sur la croissance économique globale serait très considérable.

Des estimations prudentes suggèrent aussi que jusqu’à 1% du PIB mondial devrait s’effondrer. Ce qui représente une perte de revenus d’environ 1000 milliards de dollars US.

Sur le continent africain, la situation sera plus désastreuse, puisque les estimations initiales suggèrent que l’Afrique fera face à un déclin immédiat de la croissance de son PIB de : « 3,2% à 1,8% en 2020 en raison du Covid 19 ». Pire, rapporte-t-on, l’impact négatif risque d’être encore plus important, si le Covid-19 n’est pas contenu à court terme.

Le commerce africain, symbole fort de l’intégration et de l’unité africaine, est frappé par la pandémie du Covid 19. Face à cette triste situation, l’Union africaine entend actionner davantage les instances de la ZLECAF.

En effet, l’institution panafricaine estime que « l’Afrique a tout ce qu’il faut pour sortir de cette pandémie si elle reste concentrée sur la valeur d’autosuffisance collective par le commerce intra régional sous les auspices de la ZLECAF ».

Ainsi, la ZLECAF sera donc pour l’Union africaine, l’initiative de ralliement pour sauver le commerce sur le Continent, face aux mesures de protectionnisme périlleux qui s’établissent dans bon nombre de pays.

Par ailleurs, sur le plan sanitaire, l’Union Africaine entend apporter une réponse globale à la pandémie à travers le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CACM), dirigé par le microbiologiste camerounais John Nkengagsong. Ce centre a activé le Centre des opérations d’urgence (COE).

Il recommande déjà de renforcer la coopération entre les pays membres en créant des réseaux régionaux sur le modèle mis en œuvre en son temps pour lutter contre Ebola.

En outre, à l’Organisation panafricaine, on encourage surtout les Etats africains de limiter autant que possible les contacts.

En plus des mesures déjà prises notamment, la mise en place du Fonds de Riposte Covid-19 de l’Union Africaine et la désignation par le président en exercice de l’Union Africaine, le Sud-africain Cyril Ramaphosa, l’envoi des émissaires spéciaux, chargés de mobiliser le soutien économique international pour la lutte continentale contre le COVID-19, la Commission de l’Union Africaine a lancé, avec quelques partenaires, un appel à l’action auprès des États membres et des institutions de l’Union africaine, y compris les institutions de recherche, les institutions financières de réflexion, les corporations et les universités, pour élaborer une riposte concertée et coordonnée en matière de commerce et d’investissement à la crise du Covid-19, en s’appuyant sur la ZLECAF comme outil pour développer les chaines de valeur et d’approvisionnement nationales, régionales et continentales.

Cela, afin de conduire, le plus rapidement possible, la relance économique, la croissance et le développement post-pandémique des pays de l’Union africaine.

Ousmane Tangara

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