Levée du couvre-feu : le pire est à craindre

S’en est fini avec le couvre-feu depuis ce vendredi 8 Mai au Mali. Avec la levée de cette restriction faite aux populations de circuler à certaines heures, suite à la pandémie du Covid-19, rien ne semble désormais pouvoir empêcher la levée des autres mesures prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la maladie à coronavirus.

Le gouvernement, en prenant la décision de l’allègement de la restriction des libertés au titre des mesures de lutte contre la pandémie du Covid-19, vient d’éviter à notre pays un chaos. Car la grogne au sein des populations commença à prendre une allure inquiétante.

Même si l’on peut déplorer le fait que ces mesures aient été prises, le couteau sous la gorge en raison de la pression de la rue, nul ne peut contester leur effet salutaire à la fois pour l’économie nationale et pour la vie sociale surtout en ce mois de Ramadan. En effet, l’économie nationale, bâtie en grande partie sur le secteur informel, était au bord de l’effondrement du fait de l’arrêt des activités nocturnes tandis que la vie sociale avait sombré dans une léthargie jamais vue, à cause de ce couvre-feu.

C’est donc une véritable bouffée d’oxygène qu’apporte le gouvernement à la vie nationale dans son entièreté. Ceci étant, la levée du couvre feu appelle la question suivante : l’appel d’air ainsi lancé ne va-t-il pas donner lieu à une reprise euphorique des activités économiques et sociales avec des risques possibles? Il y a toutes les raisons de le croire. Et pour cause. L’incivisme des Maliens doublé d’un certain « coronascepticisme » né de la cacophonie gouvernementale dans la gestion de la pandémie, ne garantit pas le nécessaire respect des mesures-barrières qui doivent aller de pair avec la levée du couvre feu.

Paul Y. N’GUESSAN

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