Libération de l’ancien ministre Camara : l’erreur fatale ?

Dans le dossier dit « acquisition de l’avion présidentiel et la fourniture d’équipements militaires », Vendredi 27 Mars dernier, l’ancien chef de Cabinet du président de la République, avec rang de ministre au moment des faits, Mahamadou Camara, a été mis sous mandat de dépôt par la 9ème Chambre du Pôle économique et financier pour « délit de favoritisme et faux et usage de faux », en compagnie d’un présumé complice, Nouhoum Kouma, un opérateur économique.

Aussitôt, ces avocats ont demandé à la Chambre d’accusation de « déclarer nulles, et de nul effet, les poursuites et inculpations posées contre leur client. Et, en conséquence, de  » prononcer la nullité de toute la procédure à l’encontre de leur client et d’ordonner sa mise en liberté immédiate ». Ils estiment qu’il y a vice de procédure en raison de la qualité du prévenu.

Les avocats du célèbre prévenu ont eu gain de cause. Le cours de l’actualité malienne a été, en effet, conduit le mardi 20 Avril 2020, par l’annulation par la Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Bamako des poursuites et l’ancien ministre Mamadou Camara a été libéré.

La question que se posent bon nombre d’observateurs est de savoir s’il s’agit d’un vice de procédure ou d’une pression politique venant d’ailleurs ?

Dans la première hypothèse, la question tient d’un étonnement. Comment le procureur Kassogué et ses hommes, malgré une réputation grandissante et une popularité acquise au prix des coups d’éclats, ont pu commettre une telle bourde ?

Dans le communiqué, en date du jeudi 23 avril 2020, signé du Procureur Kassogué, un aveu de cette erreur est fait à demi-mot. Il y ressort que sur « la base de la décision de la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Bamako, le Parquet de céans transmettra le dossier concernant l’intéressé au Procureur général de la Cour suprême. »

D’autres estiment que la libération de l’ancien ministre Mahamadou Camara serait liée à la pression que la justice aurait reçu de la part de la famille présidentielle précisément du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, lui-même. Dans ce scénario du conditionnel, certains n’ont pas hésité à prêter une colère au ministre de la justice qui se promènerait avec « sa démission en poche » pour marquer son désaccord avec cette « immixtion présidentielle dans un dossier judiciaire. »

En tout état de cause, la libération de l’ancien ministre, qui a suivi les lignes de la procédure judiciaire, ne signifie pas pour autant la fin de cette affaire liée à l’achat de l’avion présidentielle en 2013. Charge à la Cour Suprême de prendre le relais des accusations portées par le Procureur Kassogué et de demander des comptes aussi aux anciens ministres Moustapha Ben Barka, Soumeylou Boubeye Maiga et Fily Sissoko.

Seydou Karamoko KONE

 

 

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