SIMBO

Simbo, hymne à l’honneur, ce titre, dû aux vrais guerriers, se glisse, sous l’effet de cette plume, dans la peau d’un éloge de notre déshonneur. Le Mali de Modibo Keita arpente les rues de l’indignité sans fard et avec tambour. 43 ans après le décès de son illustre Premier Président, commémoré ce 16 Mai 2020, un regard critique à la lumière de sa vision s’impose.

Au décès du premier Président du Mali, le nouveau Président de l’Assemblée nationale, Moussa Timbiné avait 3 ans et du haut de ces 46 ans, il est brandi comme une des consécrations de la volonté du Président de la République actuel de faire de cette mandature, celle de la jeunesse. Le tollé qui a suivi sa désignation, par un procédé qui n’a rien à envier à l’époque du parti unique, s’est accentué le passé controversé du personnage. A ce passé, il nous faut rajouter un présent académique un peu flou et une consécration de l’arrivisme politique qui tue l’espoir d’un Mali réconcilié d’avec le standing qui était le sien en 1960 déjà.

Le vrai scandale est, non moins la désignation de Moussa Timbiné à la tête de l’Assemblée nationale que, le choix qui semblait, au final, se porter entre lui et le cadre, tout aussi ténébreux, Mamadou Diarrassouba du RPM. Pour la première fois de l’histoire du Mali, l’Assemblée nationale se disputait un président sans une réelle sérénité quant à la sincérité du bagage intellectuel présenté dans le Curriculum vitae.

Simbo, un autre chantre du Mali mérite cet éloge. Amadou Hampâté BA est aussi célébré en ce mois de Mai. Décédé le 15 mai 1991, cette commémoration chemine, aujourd’hui dans l’histoire du Mali, avec celle de la signature de l’accord de paix, issu du processus d’Alger. 5 ans après, le déshonneur est là. La paix se cherche toujours et l’irrédentisme n’a toujours pas pris la poudre d’escampette dans le septentrion. Pire, la couleuvre d’un Etat faible face à ses adversaires d’hier, s’ils ne le sont toujours, et d’un Mali qui tend la sébile pour recevoir de la France et d’autres « partenaires », a de quoi empêcher ces grands hommes célébrés en ce mois de Mai de dormir en paix.

Le dernier acte de cet édito se consacre à la volonté de l’OCLEI de mener farouchement sa mission contre l’enrichissement illicite. Ce noble combat ne devrait cependant pas faire prendre des chemins tortueux pour arriver à ses fins. En effet, dans le pays de la dignité et du courage politique, cet organisme autonome n’a pas besoin, aujourd’hui, d’inciter la population à la délation de fonctionnaires pour envisager des actions en justice. Les rapports des vérificateurs généraux sont à peine dans les placards, des plateformes de lutte contre la corruption qui dénoncent à longueur de journée. Quel autre besoin de recourir à un numéro vert pour traquer les indignes de l’héritage de probité du SIMBO Modibo Kéita ?

Y.KEBE

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