Accord pour la paix : des voix pour une « relecture intelligente » du document

 Cinq ans après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger, le Mali peine toujours à retrouver la paix. Outre le Dialogue national inclusif (DNI) qui en a fait une recommandation forte, ils sont très nombreux les observateurs, acteurs de la société civile et responsables politiques maliens à préconiser une « relecture intelligente de l’accord » aux fins d’améliorer la situation sur le terrain.

Depuis mai 2015, date de la signature de l’accord pour la paix, la restauration de l’autorité de l’Etat notamment à Kidal, la mise en commun de toutes les forces au sein du MOC, ainsi que l’effectivité du processus DDR qui a pour objectif, le cantonnement demeurent toujours les grands défis.

Cette situation interpelle plusieurs observateurs, acteurs de la société civile et responsables politiques quant à la nécessité de consentir davantage d’efforts pour obtenir des résultats satisfaisants.

Selon Mohamed Ag Hamani, président de la Coalition nationale de la Société civile pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale, cet accord doit être orienté vers des mesures correctives pour sa mise en œuvre efficace :

« L’accord a été quelque peu précipité et forcé pour que nous puissions aller vers le processus qui doit nous conduire vers la paix. Nous avons demandé une relecture intelligente de l’accord depuis 2018 à l’apparition de notre dernier rapport, parce que nous avons estimé qu’il y a des incompréhensions ou des interprétations différentes par les différents acteurs. La deuxième proposition que nous avons faite, c’est que nous avons compris que l’accord n’est pas un accord de paix, mais un accord pour la paix et la réconciliation nationale. Donc, il n’est pas réellement approuvé par toutes les parties. Chaque partie a des remontrances ou des observations à faire », a-t-il déclaré lors de la présentation du 4ème rapport alternatif citoyen sur la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger qui a couvert la période de juillet à novembre 2019.

Quant aux députés du parti YELEMA, ils ont motivé leur refus d’être associés à ce qu’ils qualifient « d’échec de la mise en œuvre de l’accord ». En effet, les honorables députés Moussa MARA, Boukary SACKO et Assane SIDIBE, ont décliné l’invitation à la cérémonie organisée les 7 et 8 juillet.

Qu’en pensent les groupes armés signataires de l’accord et comment le gouvernement va-t-il s’en prendre pour conduire cette « relecture intelligente ». Ce sont là de vraies interrogations.

 Andiè Adama DARA

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