Dr Oumar Mariko : l’éternel opposant

Anciens compagnons de lutte pour l’avènement de la démocratie en 1991, adversaires politiques, Premiers-ministres et ministres dans les gouvernements successifs de 1992 à nos jours, les acteurs du mouvement démocratique d’hier, dont certains ont rejoint pour des convenances circonstancielles le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui réclame la démission du président IBK, sont tous comptables du chaos d’aujourd’hui. Qui sont-ils ? JBN trace le parcours de Oumar Mariko.

Dr Oumar Mariko, « le barbu national » pour les intimes, est un médecin et homme politique malien né le 4 février 1959 à Bafoulabé.

Son engagement patriotique remonte à l’époque où il était lycéen puis étudiant. Il a exercé des responsabilités au sein de l’Union des élèves étudiants du Mali (UNEEM) au lycée de Dioïla de 1976 à 1977 et au lycée de Badalabougou entre 1978 et 1979. Il est membre du bureau de coordination de l’UNEEM de 1979 à 1980.

Membre fondateur de l’Association des élèves et étudiants du Mali, il en devient le secrétaire général entre 1990 et 1992. Il participe activement aux manifestations contre le régime de Moussa Traoré en 1991, et participe au Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) pour le compte de l’Association des élèves et étudiants du Mali.

Dr Oumar Mariko est depuis 1995 directeur général du réseau de radios privées Kayira.

Militant actif du CNID, Association et parti, Oumar Mariko et d’autres camarades quittent le parti de Me Tall, pour créer en 1996, leur parti politique, Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI), farouchement opposé au président Alpha Oumar Konaré. Mariko était le secrétaire général de ce parti clairement situé à gauche, dont il préside aux destinés aujourd’hui.

D’obédience marxiste, engagé auprès du premier président malien Modibo Keïta, Oumar Mariko a participé à toutes les luttes sociales. Il a fait de la prison sous Moussa Traoré et s’est présenté à plusieurs reprises sans succès aux élections présidentielles et législatives de 2002, 2007 et 2013, 2018 et 2020.

Lors de l’élection présidentielle de 2002, il obtient 0,88 % des voix au premier tour.

En 2007, Oumar Mariko est de nouveau candidat à l’élection présidentielle de 2007, investi par le SADI. Lors de la campagne, Oumar Mariko a déclaré “les élections ne seront ni transparentes, ni sincères encore moins crédibles”, accusant le Mouvement citoyen, soutien du président sortant, de tentative de fraudes. Au premier tour de l’élection présidentielle, il obtient 2,72 % des voix et arrive en quatrième position. Le président sortant Amadou Toumani Touré est réélu.

Oumar Mariko obtient ses meilleurs scores dans les régions de Sikasso et de Ségou avec 7,64 % et 6,72 % des voix. Oumar Mariko est élu député aux législatives de 2007, dans son fief électoral de Kolondièba.

Le 26 juin 2011, il est investi à l’unanimité par les délégués de la 2e session ordinaire du Comité central du parti SADI comme candidat à l’élection présidentielle malienne de 2013.

À la suite du coup d’État qui a renversé le Président ATT dans la nuit du 21 au 22 mars 2012, par la bande du capitaine Amadou Haya Sanogo, Oumar Mariko et son parti politique la SADI ont créé le Mouvement populaire du 22-mars (MP22), en soutien aux mutins.

Mariko affirme qu’il a participé à la planification du coup d’État et s’est même proposé comme potentiel Premier ministre de la junte au pouvoir. Mais hélas !

Depuis l’avènement du Président IBK au pouvoir (2013), l’éternel opposant à tous les régimes, car n’ayant jamais siégé personnellement dans aucun gouvernement, mais toujours présent à l’Assemblée nationale, n’a jamais cessé de dénoncer la mauvaise gouvernance du régime.

Au second tour des législatives controversées du 19 avril 2020, Dr Oumar Mariko a été battu par la liste conduite par le candidat du RPM (Parti au pouvoir), Sidiki N’fa Konaté, ancien ministre et ancien DG de l’ORTM. Des résultats contestés par Mariko qui y voit la fraude et le tripatouillage. Ce qui a précipité son adhésion au M5-RFP qui réclame la démission du président IBK et de son régime.

Sékou CAMARA

 

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