Insécurité au Centre du Mali : de grosses menaces sur le cheptel malien

Les effets collatéraux de l’insécurité grandissante qui sévit au Centre du Mali n’en finissent pas. La preuve, le vol de bétails, une autre face sombre du terrorisme dans cette partie du pays, constitue, non seulement une menace sur le cheptel malien, mais également pour les populations vulnérables qui vivent essentiellement de l’élevage et de ses dérivés.

Au Centre du Mali, le vol de bétail et l’extorsion masquée, sous le couvert de la «Zakat» (le sacrifice à prélever sur la richesse en islam) sont le quotidien des populations de ces zones où les terroristes, en l’absence de l’Etat, règnent en maître absolu.

Une triste réalité au Centre du pays où les moutons, les bœufs et autres cabris ne sont plus hors du champ de vision des terroristes, qui s’en procurent où, quand et comme ils veulent, après chaque attaque.

« Souvent, ils viennent se promener pour repérer les troupeaux les mieux garnis. Et d’un seul coup, ils peuvent en extraire des centaines de têtes qu’ils dirigent vers des lieux où l’on ne se saura plus jamais le sort réservé aux animaux », s’attriste AT, un habitant de Korientzé, au Centre.

Depuis 2016, des centaines de milliers de bœufs ont été volés au centre. Une menace qui plane sur le potentiel « cheptel » estimé en 2019, à plus de 12 millions de bovins.

Mais chaque année, le vol de bétail prend de l’ampleur : « l’année dernière, des hommes armés ont fait irruption dans notre village. D’un seul coup, ils ont pu emmener avec eux près de 200 têtes de bœufs », se souvient Madani Diallo, éleveur dans le village de Sendegué, dans la région de Mopti.

Une situation qui aura des répercussions sur le ravitaillement régulier des centres urbains et surtout le prix des moutons en cette veille de la fête de tabaski.

Pire, si autrefois le transports des animaux (moutons et bœufs) se faisait à pieds pendant des mois, aujourd’hui, avec l’insécurité, personne (ni les commerçants, encore moins les bergers ne prendront désormais le risque d’acheminer les troupeaux à pied. Et pourtant, ce qui était moins cher et permettait aux animaux d’avoir un bon appoint, car broutant de l’herbe tout le long du voyage, contrairement à leur transport dans des camions pendant des jours sans manger, ni boire.

En tout cas, si l’insécurité et le pillage des animaux continuent dans le centre du pays, une zone par excellence de l’élevage, dans les années à venir, le Mali et au-delà, toute la sous-région ouest africaine risquent de connaître de sérieux problèmes de ravitaillement en bétail (moutons, bœufs et chèvres).

Ousmane Tangara

 

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