Konimba Sidibé : le transhumant politique

Anciens compagnons de lutte pour l’avènement de la démocratie en 1991, adversaires politiques, Premiers-ministres et ministres dans les gouvernements successifs de 1992 à nos jours, les acteurs du mouvement démocratique d’hier, dont certains ont rejoint pour des convenances circonstancielles le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui réclame la démission du président IBK, sont tous comptables du chaos d’aujourd’hui. Qui sont-ils ? JBN décortique le parcours de Konimba SIDIBE

Agrégé en économie en 1981 et docteur en économie du développement en 1985 en France, Konimba Sidibé, retourne au Mali en 1985, où il poursuit la lutte contre le régime du Président Moussa Traoré en place, taxé d’autoritarisme voire de dictature.

Konimba adhère au CNID, créé le 18 octobre 1990, et participe avec 10 000 personnes à une manifestation pacifique le 10 décembre 1990, jour de la commémoration de la Déclaration universelle des Droits de l’homme par les Nations Unies.

Et le 26 mars 1991, Moussa Traoré est renversé, remplacé par Amadou Toumani Touré (ATT). Participant à l’historique Conférence Nationale (29 juillet 12 août 1991), Konimba attire l’attention sur lui grâce à ses interventions pertinentes dénonçant la gabegie et la corruption qui caractérisaient alors la conduite des affaires publiques, à tel point que, tout naturellement, durant la transition démocratique (91-92), on lui confia le ministère chargé du Contrôle Général de l’État pour assainir la gestion des affaires publiques.

En 1995, Konimba Sidibé et d’autres compagnons de lutte quittent le CNID Yiriwa Ton pour fonder le Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA).

En 2007, il a été élu député à l’Assemblée nationale pour le compte de la circonscription du Cercle de Dioïla.

En avril 2013, il rompt avec le PARENA, farouchement opposé au régime d’IBK. Et comme il fallait s’y attendre, la décision de créer une nouvelle formation politique ne se fera pas attendre et interviendra quelques jours après.

Le 20 avril 2013, le Mouvement pour un Destin Commun (MODEC) a été porté sur les fonts baptismaux.

Le vendredi 15 janvier 2016, Konimba Sidibé a été nommé ministre de la Promotion de l’investissement et du Secteur privé, dans le gouvernement Modibo Keïta III.

Comme les autres, une fois remercié, Konimba Sidibé s’est revêtu la peau d’un opposant au régime IBK. Ayant perdu au second tour contre la liste RPM lors des législatives du 19 avril 2020, Konimba Sidibé a rejoint également le M5-RFP au cas où la direction va changer.

Le parcours de ces hommes politiques, tous des anciens ministres, ayant tous servi à un tel niveau de responsabilité sous le régime IBK, démontre qu’ils ont tous participé de très près à la gestion des affaires publiques.

Sékou CAMARA

 

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