Manifestations à Bamako : les feux tricolores font les frais

En plus de l’état insalubre de nos goudrons, l’agression de la chaussée par les brûlures de pneus, les feux de signalisation de la capitale malienne font comme d’habitude les frais de la colère de certains manifestants du M5 RFP.

En effet, après les manifestations successives, le constat est que rares sont les feux tricolores à travers la ville de Bamako qui échappent au saccage complet ou cessent de fonctionner.

Le lendemain des manifestations du 10 juillet 2020, organisées par le M5-RFP, de la Tour de l’Afrique jusqu’à la traversée du pont Fahd ou du pont des Martyrs, les usagers ne s’arrêtent pratiquement à aucun feu de signalisation, pour la simple et bonne raison il n’en existait pas.

Toute chose qui demande inopportunément la remise en état de ces dispositifs ô combien important pour la régulation, la fluidité de la circulation et lutte contre l’insécurité routière.

« Voyez-vous mêmes, nous sommes obligés de nous débrouiller nous-mêmes pour se faire un chemin sans pourtant y parvenir. Tout est mélangé parce qu’ils ont cassé tous les feux de signalisation » se défoule un usager sur sa moto, au niveau carrefour de Daoudabougou, près de l’ambassade d’Algérie.

Très remonté, il ajoute : « c’est triste et c’est un gâchis tout cela. Pourquoi s’en prendre aux biens publics si méchamment et après, s’il y a des accidents de la circulation ce sera sûrement à cause d’eux. Mais ils ne s’en rendent même pas compte. Tout le monde sait que le temps c’est de l’argent à Bamako et cette situation va causer plein de gênes pour tous les usagers », a-t-il déploré, très frustré se retrouvant dans un embouteillage très encombrant qui ne dit pas son nom.

Puis, à quelques mètres de lui, un autre usager de retorquer en disant ceci : « comment vous pouvez dire ça en vous limitant seulement aux dégâts ? Mais que non ! Il faut d’abord revoir qu’est ce qui a causé cette situation pour soulever une telle colère des maliens et qu’est ce qui les a motivés à prendre la rue ? jusqu’à commettre des dégâts. Sinon que dites-vous des milliards détournés par les fonctionnaires de l’Etat. Cela n’est-il pas plus grave que de bruler ou casser un feu ? ».

Et un autre usager d’ajouter : « Il faut que cela change sinon les manifestants ne sont pas fous pour se lever un matin et venir casser les feux. Sinon les dérives de ce régime causent chaque jour des dégâts aux maliens laissés dans la précarité ; mais on ne parle pas de ça, on est tous les mêmes. Et c’est la réponse à l’insouciance, à la mauvaise gestion que vous voyez ainsi », se défend Ibrahim Guindo, visiblement remonté contre les dérives dans le pays.

En tous cas, si la liberté de manifester est un droit, un autre devoir pour tous maliens est de préserver les édifices publics comme cela se doit.

Malheureusement, les feux de signalisation comme bien d’autres propriétés publiques, n’échappent pas à la colère des manifestants lors des mouvements d’humeur contre l’Etat.

Toutefois, il urge de réparer tous ces feux, afin d’éviter des accidents de la circulation, surtout en cette veille de fête, où les embouteillages sont intenses pendant que les esprits et les nerfs surchauffent à cause des dépenses liées aux préparatifs de la fête.

Ousmane Tangara

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