Médiation de la CEDEAO : La dernière chance

Dans le cadre du règlement de la crise politique qui secoue le Mali, une délégation de haut niveau de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), conduite par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, est arrivée à Bamako, hier mercredi 15 juillet.

Cette énième mission de l’organisation sous régionale vise à faciliter un « cadre de dialogue entre les parties prenantes de la crise en cours », selon un communiqué de la présidence de la République du Mali.

Dès le début de la contestation sociopolitique, la CEDEAO avait dépêché une mission de médiation et formulé des recommandations pour une sortie de la crise.

Dans son dernier discours à la Nation, le Président Ibrahim Boubacar Keita, dit avoir pris en compte partiellement ces recommandations, notamment la possibilité de relecture du décret de la Cour constitutionnelle portant sur les résultats définitifs du second tour des législatives du 19 avril, ayant fait l’objet de vives contestations, notamment en CI, V et VI du District de Bamako ainsi que dans les circonscriptions électorales de Kati, Sikasso, Bougouni, Koutiala etc.

Par ailleurs, notons que la communauté internationale continue d’œuvrer pour un règlement pacifique de la crise actuelle. En effet, après les manifestations violentes, enregistrées du 10 au 12 juillet dernier, des représentants de l’ONU, de l’Union européenne, de l’UA et de la CEDEAO ont rencontré les leaders du M5 après leur libération.

En tout cas, la mission des émissaires de la CEDEAO ne semble pas être facile, si l’on sait que les contestataires sont revenus après les évènements du vendredi et samedi (morts de 11 manifestants et arrestation de certains leaders du mouvement) à leur position initiale : la démission du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, et de son régime.

Pour eux, si dialogue devrait y avoir, c’est autour du « départ » du président IBK. En effet, le mardi, lendemain de la libération de tous les détenus en lien avec les manifestations, ils ont réitéré leur appel à la « désobéissance civile » à Bamako et dans les capitales régionales.

Malgré les appels au dialogue et à la retenue, la situation s’enlise, faute de compromis entre les deux parties. Un vent de méfiance souffle désormais entre le pouvoir et les manifestants. Cette médiation de la « dernière chance », suscite certes peu d’espoir chez certains, mais elle sera déterminante dans la décrispation de la crise sociopolitique avec à la clé des propositions concrètes. D’ores et déjà, notons que le recueillement prévu à la place de l’Indépendance a été annulée depuis l’arrivée de Goodluck Jonathan et de sa délégation. Espérons qu’il s’agisse là d’une remontée immédiate de ses multiples contacts et de sa rencontre nocturne avec l’imam Dicko.

En tout état de cause, le dialogue franc et direct entre maliens reste le seul moyen pour arriver à cette décrispation.  

Aly BOCOUM

 

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