Passages piétons: une signalisation pas du tout respectée à Bamako !

A Bamako, traverser certaines voies publiques est un véritable casse-tête chinois pour les piétons. Cela malgré les passages piétons, ces larges bandes blanches verticales, tracées sur la chaussée, pour leur sécurité, mais qui ne sont respectées ni par les piétons, encore moins les autres usagers de la route, notamment les motocyclistes et les automobilistes.

Il n’est un secret pour personne, aujourd’hui, le trafic routier à Bamako est très dense, avec la prolifération des motos « Djakarta » estimées à plus de 3 millions dans la seule capitale malienne.

A ces motos, il faut ajouter les fameux véhicules de transports en commun les «Sotrama» de couleur verte et les taxis en jaune, qui roulent à tombeau ouvert, dans le seul but de  boucler les recettes journalières. Les proportions de véhicules personnels (fond blanc) et ceux de l’Etat (fond bleu) ne sont pas à négliger.

En effet, les piétons de Bamako ont de la peine à pouvoir traverser certains axes routiers, surtout aux heures de pointe, même pour ceux qui s’arrêtent au niveau des passages qui leur sont dédiés ne sont pas considérés. La preuve, ils peuvent faire parfois, plusieurs minutes sans pouvoir traverser la route.

Et si le piéton demande le passage au niveau de ces lieux indiqués, certains conducteurs ne respectent pas sa priorité et d’autres vont jusqu’à l’insulter.

Souvent, on se demande si ces conducteurs d’engins ont la moindre connaissance du Code de la route qui institue le respect des passages piétons. 

«Je viens d’apprendre de vous que c’est un passage piéton. Sinon quand, je voyais des gens arrêtés en ces lieux, je me demandais ce qu’ils y faisaient, tout en poursuivant mon chemin», nous confie un motocycliste sous l’anonymat.

Quant aux piétons, «l’impuissance et l’indignation » sont leur quotidien, nous dit Awa Théra, un piéton cherchant en vain le passage.  

« Et oui, c’est toujours comme ça, les voitures ne ralentissent jamais de leur gré au niveau des passages piétons. Ainsi, on patiente jusqu’à ce que nous soyons un groupe pour forcer le passage ou par chance s’il n’y a pas trop d’engins, c’est plus facile», raconte-t-elle.

Et pourtant, il y a bien un règlement et des normes à suivre. Et, la règle enseignée à l’Auto-école est simple : «Le piéton est prioritaire». «La priorité est faite aux plus vulnérables. Dès lors que le piéton manifeste le désir de s’engager sur la route et de plus au niveau des passages piétons, le véhicule doit lui céder le passage sous peine de sanctions », nous explique DK, un policier de la Compagnie de circulation routière (CCR). 

Pour rappel, le 8 mai 2020, le thème de la Journée de l’OSRAO (Organisation de la sécurité routière en Afrique de l’Ouest) a porté sur le respect des passages piétons. Toute chose qui dénote de la nécessité de sensibiliser davantage les usagers de la routye sur l’importance du respect du passage piétons. Certes, les services nationaux en charge de la circulation routière doivent mettre l’accent sur la rigueur, mais ils doivent surtout intensifier les campagnes d’information et de sensibilisation sur leur respect. Et pourquoi pas sanctionner les contrevenants avec des amendes et des retraits de permis, etc.

ADAM DIALLO

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