Préparatifs de la fête de Tabaski à Bamako : la pluie complique le business

Au Mali, notamment à Bamako, depuis quelques semaines, l’atmosphère est rythmée par les préparatifs de la fête de tabaski, cela malgré la situation sanitaire et sécuritaire du pays.

En cette période hivernale, la pluie, qui vient pratiquement tous les jours, n’arrange pas les choses déjà compliquées par la cherté de la vie, ainsi que, récemment, les manifestations de désobéissance civile, engagées par le M5-RFP (heureusement suspendues pour la fête de Tabaski).

En effet, à trois jours de la fête, nombreux sont les maliens qui courent encore à la recherche de leur prix du mouton, particulièrement très élevé cette année, sans oublier les nouveaux vêtements des enfants et autres dépenses pour l’occasion. Ils sont obligés de sortir, le plus souvent sous la pluie. Précieuse pour les paysans en milieu rural, mais indésirable en ces temps de pré-fête pour certains Bamakois qui vivent au jour le jour, la pluie ne permet pas à beaucoup de vaquer convenablement à leurs affaires.

La Tabaski, ou l’Aïd al-Adha ou encore l’Aïd-el-Kébir, est une fête très importante pour la communauté musulmane.

Au Mali, un pays à plus de 95% musulmans, pour rendre cette journée spéciale, beaucoup de familles sont confrontées à d’énormes dépenses. Cette année, la situation semble être un peu difficile pour les chefs de famille vu la situation toute particulière du monde.

« Nous ne savons pas à quel saint se vouer. Tout est cher, d’habitude mon budget alloué au mouton était 100 000 FCFA. Mais cette année, les moutons de 100 000 sont des agneaux. La semaine dernière, j’ai dû dépenser 150 000 FCFA pour avoir mon bélier. Le plus dur c’est qu’avec toutes les explications, les femmes et les enfants ont du mal à comprendre, car les femmes sont aussi confrontées à cette même difficulté dans les marchés », explique notre interlocuteur sous l’anonymat.

Ce que Mme Diarra confirme : « A cause des prix trop élevés des habits au marché, j’ai décidé de coudre des pagnes pour mes enfants, car les prêts à porter sont excessivement chers. Les commerçants expliquent la hausse des prix par la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes. Au niveau des marchés de légumes, la situation est encore plus compliquée, en cette veille de la fête. A cela s’ajoute l’hivernage où les légumes sont particulièrement chers. Mais bon, nous nous résignons à célébrer dans ces conditions cette année », raconte-t-elle.

Du côté des commerçants, les choses ne paraissent pas roses non plus : « Cette année, nous sommes vraiment dos au mur. En plus de la situation difficile à laquelle nous faisons face, depuis plusieurs mois, nos marchandises sont bloquées ou nous viennent difficilement ou à des coûts exorbitants. Ce qui nous pousse à vendre un peu cher pour nous en sortir. A cela s’ajoute les pluies fréquentes qui nous obligent à couvrir nos produits à longueur de temps. Toute chose qui limite leur visibilité », déplore un jeune marchand d’habit, Barou, au Grand marché de Bamako.

ADAM DIALLO

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