Situation sociopolitique : faut-il craindre le retour d’une crise interreligieuse ?

Dans une vidéo, qui a fait le tour des réseaux sociaux, le président de l’Union des jeunes musulmans du Mali (UJMMA), Macky Ba, secrétaire général du Groupement des leaders spirituel musulmans du Mali, dont Chérif Ousmane Madani Haidara était le président actif avant son élection à la tête du Haut conseil islamique du Mali (HCI), en remplacement de l’imam Mahmoud Dicko, parrain du M5-RFP, déclare qu’ils ne seront plus inaptes face à la situation qui guette le pays

Pour Macky Ba, les revendications politiques ne sont pas leur problème, mais il y a une idéologie religieuse qui se cache dernière la politique pour venir les diriger un jour. «Nous sommes de majorité silencieuse, nous n’accepterons plus jamais qu’une idéologie religieuse vient nous imposer», dit-il dans une vidéo enregistrée lors de la lecture du Coran dans la mosquée de Ousmane Chérif Madani Haidara, actuel président du Haut conseil islamique et guide spirituel de l’Ançar dine.

«Il y a toujours différentes idéologies en islam, mais cela n’empêche pas la cohabitation et la cohésion sociale. Alors, le problème entre les sunnites et les chiites existent depuis belle lurette. Mais il faut reconnaître qu’aujourd’hui, c’est la politique qui veut créer le problème et surtout la création du CMAS qui se cache derrière de la religion surtout son président d’honneur pour s’imposer sur l’arène politique», nous dira Drissa Coulibaly, un juriste de formation.

Par ailleurs, il serait difficile de disloquer la politique de la religion. Certes, le Mali est un pays laïc, mais les politiciens font de recours aux religieux pour leur élection au poste stratégique du pays.

Pour rappel, en 2012, soit 21 ans après l’avènement de la démocratie, le Mali a eu un coup de force qui a poussé le président de la République, Amadou Toumani Touré, à démissionner, à trois mois seulement de la fin de son second et dernier quinquennat. La cause principale de cet état de fait était la mauvaise gouvernance qui a débouché sur la renaissance de la rébellion au Nord du pays.

Face à la situation aucun Malien, aucune couche socioprofessionnelle n’a échappé aux conséquences de cette crise multidimensionnelle ayant mis à rude épreuve l’existence du Mali en tant que nation.

Avec le concours de la communauté internationale et la forte implication de la société civile malienne, notamment les leaders religieux, le climat sociopolitique s’est apaisé avec la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger.

En 2013, il n’est un secret pour personne, les leaders et mouvements religieux ont joué un rôle prépondérant dans l’élection du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita. L’une des têtes d’affiches de soutien au candidat IBK était le Wahhabite Imam Mahmoud Dicko, ancien président du Haut conseil islamique, aujourd’hui autorité morale du M5 RFP, un mouvement politico-religieux, qui réclame depuis des mois la démission du président IBK.

Par contre, la nouvelle équipe dirigeante du Haut conseil islamique du Mali (HCI) avec à sa tête le guide Ançardine, l’influent Chérif Ousmane Madani Haidara, partisan de l’islam modéré, serait du côté du pouvoir.

En tout cas, les observateurs avertis craignent le réveil de la latente guerre qui a toujours existé entre les Sunnites et les Chiites. Toute chose qui va donner une nouvelle tournure à la crise politique malienne.

Seydou K. KONE

 

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