Bamako : le rythme d’accroissement de la ville contraste avec le taux d’urbanisation

« Avec aujourd’hui 3 274 727 de citadins sur une population totale de 14 528 662 habitants, soit un taux d’urbanisation de 22,5%, le Mali est l’un des pays les moins urbanisés de la sous-région », selon Diarra Sissoko, président de l’Ordre des urbanistes du Mali. Par contre, révèle-t-il, face au rythme d’accroissement des villes maliennes en général (5,1%) et de la capitale Bamako en particulier (5,4%, le plus élevé en Afrique et le 6ème au niveau mondial), on estime qu’un malien sur 2 habitera dans les villes en 2024.

Selon M. Sissoko, les réserves foncières prévues pour 20 ans sont consommées en 5 ans, obligeant les pouvoirs publics à faire de nouvelles programmations. Toute chose qui entraînera l’étalement urbain avec pour conséquences directes l’allongement des distances, le besoin croissant en infrastructures et équipements urbains, la consommation des espaces agricoles et forestiers, etc.

« Le Mali avec 3 274 727 de citadins sur une population totale de 14 528 662 habitats soit un taux d’urbanisation de 22,5% est l’un des pays les moins urbanisés de la sous-région », a-t-il révélé. Et de préciser que le réseau des villes est caractérisé par l’existence de 724 localités dont 214 ont plus de 5000 habitats et 29 plus de 20000 habitants.

Par contre, compte tenu du rythme d’accroissement des villes maliennes en général et de la capitale Bamako en particulier, il prédit par les spécialistes que notre aura 50% de sa population vivant dans des zones urbaines en 2024. Cela entrainera sans doute des ajustements des politiques et programmes de développement en matière de développement urbain durable, d’emplois urbains, d’infrastructures, de services urbains en tout genre, de protection de l’environnement, etc.

Ainsi, malgré cette relative faiblesse de l’urbanisation, il faut souligner que les villes jouent un rôle moteur dans le développement économique à l’échelle nationale et régionale, dans la mesure où avec moins du 1/3 de la population active, elles produisent 50% des richesses nationales. De plus, selon l’ONU-Habitat, le taux d’urbanisation en Afrique croît de 4% par an. Conséquence, aujourd’hui, environ 40% de la population africaine, soit 472 millions d’habitants, vivent dans les villes, contre 20 millions en 1950.

Cette croissance rapide confrontent les experts aux problèmes suivants : la non maitrise de la croissance des villes, l’environnement urbain détestable, le manque ou l’insuffisance d’infrastructures, des services urbains en tout genre et de zones d’activités dignes de ce nom, indispensables à la valorisation de la production de la campagne environnante. Par ailleurs, pour une maitrise du développement urbain, l’Etat a mis en place une politique axée sur la réalisation d’outils d’aménagement du territoire et de planification et de gestion urbaine. Ainsi, il a organisé les professionnels du secteur avec la création depuis mai 1997 de l’Ordre des urbanistes du Mali.

Seydou K KONE

 

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