Bamako-post Tabaski : ça pue partout !

Le lendemain et jours suivants de chaque fête de Tabaski, c’est une odeur nauséabonde, provenant de la putréfaction de la viande, des restes d’aliments…, qui se dégage de partout à travers Bamako. Des quartiers les plus riches aux plus pauvres, le parfum est le même, car les pratiques identiques.

En effet, nombreux sont les Bamakois qui égorgent leurs moutons de fête dans la rue, déversent les résidus des animaux dans les caniveaux, ou jettent le reste des aliments dans leurs poubelles, sans se soucier de ce que cela peut produire comme odeur. Le hic est que cela ne gêne personne, car chacun se bouche le nez pour passer. Et avec la pluie et la stagnation des eaux pour défaut de caniveaux, le malaise perdure et pour longtemps. Et pourtant, il n’est un secret pour personne, au-delà de l’odeur, ces immondices sont sources de nombreuses maladies et surtout facteurs de prolifération des rats et rongeurs, des mouches et moustiques.

Ces indésirables qui sont devenus nos voisins, au point que certains sont même baptisés, ne sont que les conséquences de l’insalubrité généralisée de la ville de Bamako, mais toujours négligée.

Un triste constat qui interpelle en premier lieu les citoyens, principaux victimes et auteurs de cette dégradation du cadre de vie.

Cette situation révèle deux paradoxes avec le sens même de la fête de Tabaski. D’abord, le déversement des restes d’aliments dans les poubelles dans un pays où il y a des mendiants et d’autres personnes nécessiteuses ne vont pas dans le sens du partage et de la solidarité de cette fête. Ensuite, l’opulence et l’extravagance que cachent ces poubelles remplies, sont en porte-à-faux avec les recommandations islamiques qui prônent l’humilité mais aussi la propreté. C’est dire donc que la fête doit se faire conformément aux bonnes pratiques religieuses.

Alors, pour redonner à Bamako son lustre d’antan, il faut que les Bamakois changent de comportement, assainissent leur cadre de vie et protègent l’environnement.

Pour ce faire, il suffit juste de creuser un trou dans sa cour ou devant sa porte où on va mettre tous les résidus, et après refermer. Ainsi, au revoir les odeurs et les mouches !

En tout cas, Bamako pue ! En attendant une prise de conscience collective, personne n’a plus besoin de parfum, car toutes les rues de la ville sont embaumées.

Sékou CAMARA

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