Coup d’Etat du 18 août 2020 : le pire évité au niveau des services publics

Intervenu au moment où toutes les activités économiques et administratives étaient quasiment à l’arrêt, le coup d’Etat militaire du 18 août 2020 s’est déroulé sans violence, ni vandalisme sérieux des biens publics, contrairement à ceux de 1991 ou encore de 2012, où d’importants biens publics et privés ont été pillés et saccagés.

Toutefois, il faut déplorer l’incendie du bureau du ministre Me Kassoum Tapo, ainsi que le pillage de son domicile et ceux de Karim Keita, fils d’IBK et de Moussa Diawara, patron de la Sécurité d’Etat.

Mieux, les militaires au pouvoir, regroupés au sein du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) dirigé par le colonel Assimi Goita, ont appelé à la reprise du travail de l’administration publique dès le surlendemain de la démission du Président IBK.

En réalité, avec la prise du pouvoir par les militaires, nombreux sont les maliens qui craignaient un bouleversement spectaculaire sur les services publics de l’Etat. Toute chose qui allait handicaper le bon fonctionnement de l’Administration publique malienne.

En tout cas, cela n’a pas été le cas cette fois-ci. Car les services comme les Impôts, les Douanes ou le Trésor sont, de coutume, visés par des actes de vandalisme et de pillage après les coups d’Etat.

« Cette fois-ci, aucune incivilité n’a été commise sur ces différents services publics. Ce sont des civils qui se sont opposés au pillage des lieux publics par une horde de jeunes venus en nombre, avec le dessein de saccager les lieux », nous confie Mamadou Kouyaté, un jeune stagiaire aux douanes, témoin de la scène à l’entrée de la Direction générale des Douanes à Faladiè.

Mieux, sous la gouverne des Secrétaires généraux des départements ministériels, la continuité de l’Administration publique n’a pas souffert d’entraves majeures. « Les services ont repris aussitôt que possible », rassure un agent de l’Etat.

Par ailleurs, la vie quotidienne du citoyen lambda n’a pas été bouleversée par le contrôle du pouvoir par les militaires. La preuve, au lendemain du 18 août 2020, les Sotrama et Taxi se bousculaient sur les goudrons, et le grand marché de Bamako était plein à craquer. Le même constat était perceptible au centre commercial les Halles de Bamako, où les activités ont repris leur cours normal, vite et chic.

Cependant, les activités sont toujours timides au niveau du secteur privé, surtout chez les opérateurs économiques en raison de l’embargo de la CEDEAO sur le Mali, qui sera au menu des discussions de la réunion extraordinaire de la CEDEAO prévue ce vendredi 28 Août 2020.

Le CNSP doit jouer à la carte de la souplesse, face aux sanctions infligées par la CEDEAO contre le Mali. Car même si les conséquences d’un éventuel embargo sur le Mali aura des répercussions fâcheuses sur l’économie et les échanges au niveau de la sous-région, force est de reconnaitre tout de même, qu’avec déjà l’impact de la crise sanitaire (Covid 19) sur l’ensemble des secteurs du pays, les entreprises maliennes n’ont pas, en ce moment, besoin de mesures qui pourraient constituer un frein à leurs activités, mais plutôt des actes qui pourraient leur servir d’accélérateur, afin de maintenir le cap.

Ousmane Tangara

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