Embargo de la CEDEAO : C’est la Côte d’Ivoire qui applique rigoureusement les sanctions

En moyenne 250 camions traversent le corridor Mali-Côte d’Ivoire chaque jour. Soit 40% du trafic de cette zone. Avec la fermeture des frontières terrestres rigoureusement respectés par les autorités de la Côte d’Ivoire, qui partage avec le Mali une histoire riche de valeurs, les transporteurs routiers du Mali sont de plus en plus touchés et comptent leurs pertes chaque jour. Une situation qui inquiète le Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR).

Les conséquences du coup d’Etat militaire contre le Président IBK se font déjà sentir au niveau du secteur des transports routiers. Les commerçants et opérateurs économiques en passant par les convoyeurs, chacun dénonce la paralysie de leurs activités, consécutive à l’embargo de la CEDEAO sur le Mali, suite au coup d’Etat militaire intervenu dans notre pays, le 18 août dernier.

Selon Boureima Guindo, convoyeur sur le corridor Mali-Gambie en passant par Dakar, les pertes sont énormes et touchent toute la chaîne de transports :

« D’abord, au niveau des chauffeurs et leurs apprentis, pendant les voyages, chaque jour un chauffeur perçoit entre 2 500 FCFA et 3000 FCFA pour sa rançon journalière. Quant aux apprentis, ils gagnent 1 500 FCFA par jour. Le chauffeur particulièrement, le temps que va durer le voyage est doté de son prix de condiment pour la famille qu’il laisse derrière lui. Imaginez avec l’arrêt des transports ce que cela peut causer comme perte ! Les chauffeurs et nous les convoyeurs, nous n’avons aucune autre activité en dehors des transports de marchandises ».

Aussi, rappelle-t-il, en plus, il y a des marchandises périssables notamment de la banane ou de la datte sauvage, qui bien que importées, certains commerçants à leur tour exportent sur d’autres pays qui en ont besoin.

« Moi, quand la sanction rentait en vigueur, j’avais déjà chargé mes camions qui étaient prêts pour prendre la route. Malheureusement, je suis bloqué depuis et chaque jour nous comptons les pertes. Si j’étais parti, je pouvais gagner au moins un million de FCFA, en dehors de toutes dépenses relatives à l’acheminement de mes marchandises », déplore-t-il.

Quant à Youssouf Traoré, président du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), à la date du 24 août 2020, seule la Côte d’Ivoire respecte à la lettre la décision de fermeture des frontières.

« La Côte d’Ivoire refuse de faire passer même les produits non concernés, notamment les denrées alimentaires, les produits pharmaceutiques et l’hydrocarbure. Le Mali a, avec la Côte d’Ivoire, une moyenne de 250 camions par jour, soit 40% du trafic du CMTR ».

Pour le président du CMTR, si le trafic était fluide à la date du 24 août dernier sur le corridor de Dakar, la Côte d’Ivoire, elle, bloque à la frontière plus d’une centaine de camions. Au Burkina et en Mauritanie, la situation était relativement favorable au trafic, a-t-il fait savoir.

Andiè Adama DARA

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