Hivernage à Bamako : indiscipline et incivisme, deux maux de la circulation

Il pleut et Bamako croule sous les embouteillages. Difficile de faire le lien pour certains ? Et pourtant, durant la saison pluvieuse, les embouteillages montres font légion. On pourrait l’expliquer par la vigilance de la conduite sous la pluie, qui ralentirait le rythme et donc serait propice à des bouchons mais dans le cas de Bamako, la cause n’est ni plus ni moins, l’incivisme caractérisé de chacun sur nos routes.

La route, au lieu d’être un espace de convivialité, est devenue un véritable ring, car au quotidien, ce sont des usagers, peu soucieux des règles et de la courtoisie dans la circulation, qui se rendent coupables des bouchons.

Le non-respect de la réglementation de la circulation à Bamako, une infraction prévue et punie, est érigé en principe de conduite auquel tous les usagers s’adonnent sans crainte d’être réprimés. Une situation qui interpelle l’autorité de l’Etat quant à ses responsabilités à veiller sur l’application stricte des règles édictées, mais dénote également de l’indiscipline qui caractérise aujourd’hui le citoyen malien, dont le comportement dans la circulation ne saurait s’expliquer par le mauvais état des routes, dont le manque d’entretien est lié à plusieurs causes.

Les problèmes de la circulation routière à Bamako engagent la responsabilité à tous les niveaux : les carrefours encombrés par les dispositifs sacrificiels, les coups de klaxon intempestifs, les ralentisseurs communément appelés « Gendarme couché », des garages et parkings improvisés aux bords des routes ou transformés en marché sauvage. Un constat qui révèle le laxisme et le disfonctionnement du système, miné par la corruption, au point qu’on se demande si réellement Bamako a une autorité publique.

Si les règles sont faites pour être appliquées, au Mali, c’est tout à fait le contraire. Chacun se permet de faire n’importe quoi, en cas d’interpellation, il suffit de « mouiller la barbe de l’interpellant » pour continuer son chemin comme si de rien n’était.

L’indiscipline a atteint son paroxysme : « Vous savez beaucoup nous disent qu’il n’y a pas assez de route au Mali. Moi, j’avoue que c’est l’indiscipline caractérisée de certains usagers, qui de par leur comportement, entraine tout ce désordre dans la circulation. Il faut que les policiers sanctionnent rigoureusement même si cela doit faire mal », déclare un homme de média.

Pour les sociologues, « on ne peut pas faire des omelettes sans casser les œufs. Le système en place est réellement corrompu et entretenu par un manque criard d’autorité des agents de l’Etat. C’est vrai que chaque personne reflète l’éducation qu’il a reçu, mais il faut que ceux qui sont chargés de faire respecter les lois soient sévères dans l’exercice de leur mission », indique M. Sangaré, Sociologue.

Il revient aux autorités de s’assumer et trouver une solution afin que la discipline, le civisme et la courtoisie soient instaurés dans la circulation.

Andiè Adama DARA

 

 

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