Mali, 60 ans : la jeunesse victime ou coupable ?

De 1960 à nos jours, le Mali a connu 5 Présidents de la République dont 4 évincés du pouvoir par un coup d’Etat (19 novembre 1968, 26 mars 1991, 22 mars 2012 et 18 août 2020). Un triste constat qui interroge sur la construction d’une nation forte. Au-delà, en 60 ans d’indépendance, la jeunesse est au cœur des interrogations et parfois à la croisée des chemins. Est-elle réellement partie prenante de la vie de cette nation ?

60 ans, c’est l’âge de la maturité, et de la préparation de la nouvelle génération à la relève. Mais, hélas, les 60 ans d’indépendance du Mali sont marqués par la confiscation du pouvoir entre les mains des clans, sur fond de mal-gouvernance, de corruption, de détournement des deniers publics, de népotisme avec un certain attrait pour l’impunité, etc.

La société malienne étant par essence gérontocratique, le Mali est dirigé par des vieux qui s’éternisent au pouvoir, face à une jeunesse passive et dépourvue de réelles ambitions pour le développement du pays.

Si pour beaucoup de nos compatriotes, il temps que la jeunesse vienne aux affaires, car les jeunes sont plus nombreux, plus aptes que les vieux, et maîtrisent mieux les nouvelles technologies de l’information et de la communication, la nouvelle langue de la mondialisation. D’autres estiment que ces derniers ne sont pas prêts, au regard de leur mauvaise formation et surtout leur goût à la facilité.

Pire, notent-ils, la plupart, appelés à un certain niveau de responsabilité, ont failli, trahi ou ont été en deçà des attentes.

En effet, il est temps que la jeunesse malienne comprenne que la passivité et le fatalisme ne pourront rien résoudre. Et il est temps d’être audacieux et courageux en exigeant des pouvoirs publics une bonne formation académique et non être des mendiants, ou des marionnettes à la merci des politiciens qui se servent au détriment des intérêts publics.

En tout cas, la jeunesse doit dire non à cette gouvernance de l’impunité, prendre au sérieux les études, défendre leurs droits et faire face à leurs devoirs citoyens. A l’heure de la mondialisation, il ne s’agit plus d’être bon, mais excellent dans son domaine. Un challenge à relever par la nouvelle génération appelée à assurer la relève de la vieille garde aux affaires depuis l’indépendance, qui en plus d’avoir échoué dans la gestion du pouvoir public (les coups d’Etat et le sous-développement étant les preuves) ont montré leurs limites.

Comme dirait Frantz Fanon : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, trouver sa mission, la remplir ou la trahir ». En tout cas, la situation sociopolitique du pays depuis 2012 interpelle vivement la jeunesse sur son rôle à jouer dans le présent et l’avenir du Mali.

ADAM DIALLO

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