Transition : Les caisses sont vides !

Gérer un pays sous-entend disposer de ressources financières. Gérer un pays comme le Mali, qui vit une série désastreuse de crises (sécuritaire, sanitaire, économique et sociopolitique), les ressources économiques et financières deviennent le premier prisme de la gouvernance. Déjà sous la fin de mandat précipité de IBK, le Mali vivait des périodes difficiles. Quid du début de mandat transitoire du CNSP ?

A coup d’emprunt obligataire, le Mali, sous Boubou Cissé, parvenaient à payer les salaires des fonctionnaires et assurer, bon an mal an, le fonctionnement des services publics. Aujourd’hui, avec les sanctions de la CEDEAO et l’instabilité politique, due au coup de force, qui oblige les partenaires privilégiés du Mali à stopper leurs financements, le CNSP, au pouvoir depuis le 18 août 2020, trouve sans doute des caisses vides de l’Etat.

Les frontières fermées, la Douane nationale, grande pourvoyeuse de ressources internes ainsi que les services des impôts peinent à renflouer les caisses de l’Etat. Ainsi, l’argent étant le nerf de la guerre, le CNSP est bloqué, non seulement par la timidité des entrées internes, mais surtout par l’embargo de la CEDEAO, axé sur la fermeture des frontières et l’interdiction des flux financiers et bancaires avec le Mali.

On y ajoute le fait qu’une bonne partie du pays échappe au contrôle de l’Etat et les mois d’inactivité pour certains secteurs dus au Coronavirus et aux manifestations politiques du M5 RFP, il n’est faux de soutenir que la solvabilité du Mali est en jeu.

Selon l’économiste et chercheur Khalid Dembélé : « la problématique de la dette est d’ordre macroéconomique qui est l’étude de l’économie dans sa globalité.

« Le Mali, depuis plus de 40 ans, présente un solde budgétaire qui est structurellement déficitaire (à savoir dépenses supérieures aux recettes, donc l’économie est financée par des endettement). En réalité, nos gouvernants empruntent en nos noms, et ceux sont quelques copains du pouvoir et leur bande qui tirent profit de ces ressources, le tout en exposant ainsi la génération future à des soucis d’insolvabilité, parce que la dette doit être remboursée. On creuse le déficit qui gonfle la dette. Le hic, c’est la soutenabilité de la dette qui se posera à terme ! », a-t-il expliqué.

Effectivement, c’est le gros problème auquel sont confrontés les responsables du CNSP qui, en désespoir de cause, ont entrepris un plaidoyer direct avec certains Chefs d’Etat de la CEDEAO afin qu’ils lèvent les sanctions infligées contre le Mali.

Dans cette négociation, les pourparlers de la politique intérieure ainsi que la libération des personnalités arrêtés depuis le 18 Août, joueront sans doute un rôle important.

Sékou CAMARA

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