Des révélations fracassantes

Retour sur certaines fracassantes révélations de Fawaz Ould Ahmed dit Ibrahim 10, principal accusé des attaques terroristes de l’hôtel Radisson de Bamako et du restaurant la Terrasse, devant la barre, dans une salle pleine comme un œuf de la Cour d’Appel de Bamako, qui était pour la circonstance sous haute surveillance de la police (FORSAT), de la gendarmerie et des éléments de la MINUSMA.

« Du 20 novembre 2015, jour de l’attaque de l’hôtel à aujourd’hui, moi j’ai déjà oublié. Mais, je ne regrette rien du tout », a-t-il déclaré. Avant de relater dans les moindres détails comment le coup a été préparé et exécuté.

« Nous achetons nos armes grâce aux rançons des otages. Le dernier [échange d’otage] dont je me rappelle, c’était la libération des otages français d’Areva. J’ai pu faire tout mon trajet jusqu’à Bamako, avec l’appui de nos collaborateurs commerçants. Ils nous disent si les agents de sécurité sont entrain de faire des contrôles en tel ou tel lieu. Souvent, à des postes de contrôle, il suffit de donner 1 000 FCFA pour passer, si tu n’as pas de carte d’identité. Mes bagages ni moi-même n’ont jamais été fouillés par les agents de contrôle durant tout mon trajet. J’ai pu emporter mes bagages et armes jusqu’à Bamako sans rien craindre et sans soucis », a-t-il fait savoir.

Aussi, a-t-il révélé : « avant l’attaque, nous étions logés à Magnambougou dans une maisonnette. Nous y avons passé 15 jours. Durant mon séjour, j’ai acheté des puces, des téléphones, et un sac au Grand marché de Bamako pour y mettre les armes : Des kalachnikovs, des chargeurs et autres qu’on allait utiliser ».

Autres précisions de taille faites par Fawaz Ould Ahmed : « On avait des grenades sur nous lors de l’attaque de la Terrasse. Mais j’ai demandé à mes gars de ne pas utiliser les grenades. Car on risquait de tuer des musulmans qui se trouvaient sur la Terrasse ce jour-là. Ce sont les Français qui sont nos cibles ».

Par ailleurs, explique-t-il : « Comment on opère ? Les jeunes ne peuvent rien me refuser. Ils opèrent tout ce que je leur demande sans résistance. Ils vont sur le terrain, et font ce que je leur demande de faire ».

Dans la foulée, il a eu à rappeler que les quartiers que lui et ses compagnons fréquentaient le plus à Bamako, pendant leur séjour, étaient Missabougou, Magnambougou, Baco Djicoroni ACI, Faladiè Sema, Attbougou Zerny.

Pour l’attaque de Radisson, révèle Fawaz Ould Ahmed, le Groupe Almourabitoune dont il fait partie, « a mobilisé 10 000 Euros, soit 6 550 000 de FCFA, dont 3 millions de FCFA ont été dépensés dans la préparation de l’attaque comme suit : une moto Djakarta achetée, des maisons louées, 200 000 FCFA remis à chacun des deux assaillants, et 500 000 FCFA à Sadou Chaka, un autre instigateur, des frais de séjours et déplacements à Bamako », a-t-il détaillé.

À deux semaines de l’attaque Radisson Blu, 2 kalachnikovs, 6 grenades et 12 chargeurs nous ont été acheminés depuis le désert à Bamako par car.

Convaincu qu’il ne bénéficiera d’aucune circonstance atténuante, ses derniers mots devant la barre ont été pour les victimes maliennes : « Il parait que certaines victimes tuées sont des musulmans et des maliens. Si cela s’avère, je le déplore. Si leurs parents veulent être dédommagées, qu’ils entrent en contact avec la SE (Sécurité d’Etat) du Mali, ou avec Imam Mahmoud Dicko, pour créer le contact avec nos hommes. Ils vont payer leurs dédommagements. Que Dieu me pardonne en ce qui concerne leur cas, et qu’ils reposent en paix, que Dieu emmène la paix au Mali ».

La Rédaction

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