Embargo : Le CNSP bloque la levée des sanctions de la CEDEAO

Avec la modification apportée à l’alinéa 2 de l‘article 7 de la Charte de la transition, publié au Journal officiel, hier jeudi 1er octobre 2020, selon lequel « le Vice-président est chargé des questions de défense et de sécurité » et la présentation des détenus devant un magistrat, la levée des sanctions de la CEDEAO reste liée à la dissolution du CNSP.

En effet, une semaine après la désignation des organes clés de la transition, à savoir un président et un Premier ministre, le pays reste sous le coup de l’embargo imposé par les Etats membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), au lendemain de la démission de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita, le 18 août 2020.

La CEDEAO avait conditionné la levée des sanctions par le transfert du pouvoir à des civils. Nommé le 23 septembre, à la présidence de la transition, le colonel major à la retraite a prêté serment devant la Cour suprême, le 25 septembre 2020. Le surlendemain, dimanche 27 septembre, Moctar Ouane, ancien chef de la diplomatie malienne, est nommé Premier ministre.

En dépit de ces efforts, les sanctions de la CEDEAO demeurent, même si elles n’affectent pas autant les populations, puisque l’importation des denrées de première nécessité n’est pas concernée par les sanctions.

Selon le représentant résident du président de la Commission de l’organisation sous régionale, Hamidou Boly, « il reste encore des petits détails à régler au niveau de la Charte de la transition» pour mettre fin à l’embargo, avait expliqué le diplomate à sa sortie d’audience avec le Premier ministre Ouane.

Il s’agit notamment des attributs du vice-président de la transition, qui pourrait remplacer le président en cas d’empêchement ou de vacance ; la libération des personnalités détenues ; et la dissolution pure et simple du Comité national pour le salut du peuple (CNSP).

La CEDEAO avait déjà rejeté cette disposition de la Charte lors de son Sommet ordinaire sur le Mali, tenu au Ghana en septembre dernier.

Beaucoup de maliens, surtout les acteurs politiques et de la société civile, ont dénoncé une tentative de main mise sur le pouvoir de la part du Comité national pour le salut du peuple, dont le président Assimi Goita, occupe le poste de vice-président de la transition, en charge des questions sécuritaires.

Depuis plus de 3 mois, le Mali est sans gouvernement et reste sous embargo depuis  il y a près de trois semaines. Une situation intenable pour les nouvelles autorités qui devraient rapidement s’atteler à la mise en route de la transition, afin de jeter les bases de la stabilité du pays, en proie à de nombreux défis.

Les regards sont toujours tournés vers le CNSP qui détient et exerce effectivement le pouvoir au Mali, depuis le 18 août 2020. En tout cas, la CEDEAO a fait de sa dissolution la conditionnalité pour la levée de  ses sanctions économiques, financières et politiques. Jusqu’à quand la réticence du CNSP vis-à-vis de la CEDEAO va encore durer ?

 

Aly BOCOUM

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