Signes d’alerte d’un paludisme grave : la situation sous contrôle des autorités sanitaires

Depuis quelques semaines, les signaux d’alerte d’une forme de paludisme grave sévissent au Mali. En effet, au Nord comme au Centre du Mali, les enfants et les femmes enceintes sont les plus touchés par cette épidémie qui n’est pas déclarée hors contrôle. Les autorités sanitaires se veulent rassurant et disent avoir pris des dispositions pour éviter le pire.

Les autorités sanitaires expliquent cette situation par le retard dans le démarrage des campagnes de chimio-prévention saisonnière (CPS), mais aussi par la forte pluviométrie de cette année notamment dans le Sahel.

En juin et juillet de chaque année, les campagnes de chimio-prévention saisonnière (CPS) financées par le Mali et ses partenaires techniques et financiers sont organisées dans pratiquement tous les districts sanitaires du pays pour prévenir et lutter contre le paludisme.

En 2020, dans le Sud du pays, les campagnes n’ont démarré qu’à la mi-septembre. Ce retard a ainsi perturbé l’exécution correcte du programme.

Selon les responsables du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), les énormes efforts de prévention et de lutte ont été affaiblis par la pandémie du coronavirus qui a occasionné une rupture d’approvisionnement, notamment du fait de la fermeture des frontières.

Aussi, notent-ils, en 2019, la région de Kidal a enregistré moins de 100 cas de paludisme. Cette année à la même période, rapportent les responsables de la Direction régionale de la santé, les cas de paludisme déclarés ont doublé.

De même, le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) signale que Ménaka, Tombouctou et Gao, vivent aussi la même situation depuis quelques semaines.

Pour les régions du Nord, soulignent-ils, cette flambée de cas de paludisme est surtout due à la forte pluviométrie dans la zone cette année.

Par contre, a fait savoir le médecin-chef du CSRéf de Bafoulabé, Dr Boubacar Younoussa Maïga, les conditions météorologiques ne sont pas les seules causes de cette hausse inattendue du taux des cas de paludisme dans le pays :

« Cette année, nous avons constaté d’après nos indicateurs qu’il y a un taux élevé de cas de paludisme dans le pays surtout au niveau communautaire. Nous avons constaté amèrement qu’il y a des villages où les chefs de familles ont refusé catégoriquement ces médicaments soi-disant qu’ils contiennent la maladie à coronavirus », déclare, le médecin-chef du CS Réf de Bafoulabé, Docteur Boubacar Younoussa Maïga.

Malgré cette explosion de cas de paludisme, souvent accompagnée de cas sévères d’anémie surtout chez les enfants et les femmes, elle n’est cependant pas déclarée hors de contrôle. Les autorités sanitaires rassurent avoir pris des dispositions pour éviter le pire.

Andiè A. DARA

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