Soumaila Cissé : enfin libre, après six mois de détention

Après 6 mois et 15 jours de détention, le chef de file de l’opposition malienne, au moment des faits, Soumaila Cissé a été libéré, hier jeudi 8 octobre 2020 dans la soirée, en compagnie de 3 autres otages occidentaux dont l’humanitaire française, Sophie Pétronin, enlevée depuis décembre 2016 à Gao et deux italiens.

A cette heure, on sait très peu de choses sur l’identité des ravisseurs de l’opposant malien ainsi que les conditions exactes de cette libération spectaculaire : les otages auraient été échangés contre près de deux cent présumés djihadistes détenus dans les prisons maliennes. Une forte rançon, estimée à plus de 6,3 milliards de FCFA, aurait également été versée contre la libération des otages. Mais du côté français comme malien, c’est le silence radio pour l’instant.

Les proches des ex-otages profitent de ce moment, inimaginable il y a encore quelques jours.

L’émotion était grande ce soir à l’aéroport de Bamako, quand l’avion de l’armée malienne qui transportait les otages depuis la base de Tessalit s’est posé sur le tarmac. Des cris de joie ont accueilli les passagers de l’avion militaire à leur descente.

Soumaila avait été kidnappé, le 25 mars 2020 en plein campagne pour les législatives de 2020 dans sa circonscription électorale de Niafunké au Nord-ouest du Mali, avec sa délégation. Tous, à l’exception de son garde du corps tué, ont été relâchés sauf le président du parti Union pour la république et la démocratie, qui vient de retrouver la liberté cette soirée du 8 octobre.

La Libération et les projections

Le 16 juin dernier, l’ancien président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, avait rassuré le peuple malien sur le fait que Soumaila Cissé était bel et bien vivant et il annonçait pour bientôt sa libération. Ce n’est que plus de 3 mois après que l’opposant Cissé rejoint ses proches alors que l’ancien président, qui a été renversé le 18 aout par la junte du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), poursuit des soins aux Emirats arabes unis.

La nouvelle est favorablement accueillie au Mali. Mais des questions subsistent toutefois. Quel deal a prévalu à cet échange rocambolesque de prisonniers, dont une vingtaine de lieutenants qui auraient commis des attaques au Mali et dans la sous-région ?

Quel rôle a joué la France à travers l’opération Barkhane ?

Quel signal les nouvelles autorités du pays veulent-elles donner à travers cet élargissement ?

Est-ce le début d’une négociation ouverte avec les groupes djihadistes maliens, comme le souhaite une majorité de maliens ?

Et quel sera le sort des dizaines d’autres otages civils et militaires maliens toujours aux mains des groupes djihadistes, et dont on est sans nouvelles ?

Les prochains jours nous éclairerons davantage sur les enjeux et les éventuelles conséquences de ces libérations tous azimuts.

Aly BOCOUM

 

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