Carte NINA : le calvaire des maliens de l’extérieur

En 2006, le Mali a adopté la loi (loi n°06-40 du 11 Août 2006) portant institution du numéro d’Identification nationale des personnes physiques et morales, en abrégé NINA, dont l’objet est d’individualisé chaque personne physique et morale par un numéro unique. La carte NINA est devenue, au-delà un outil électoral, un document indispensable dans le processus administratif du pays. Mais, le marché de la confection de cette carte a été attribué à une entreprise française. Ce qui fait que tous les fichiers du RAVEC y sont transférés.

Quelques mois après le RAVEC, certains maliens ont eu leur carte NINA et d’autres non, par omission. D’autres ont, par contre, reçu leur carte avec des erreurs soit sur le nom, le prénom, la date de naissance ou le lieu de naissance. Malheureusement, les erreurs n’ont pas pu être révisées malgré une forte demande. Pour revaloriser la carte NINA, les autorités ont décidé en février 2016 (n°2016-0041/P-RM), de conférer à la carte NINA la valeur de carte d’identité nationale et de carte consulaire pour l’identification des citoyens maliens à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

La carte NINA est devenue ainsi un document important voire obligatoire, car sans NINA, il est impossible de se faire établir un passeport. Cette décision a entraîné des files d’attentes interminables à Bamako et dans les consulats ou ambassades du Mali à l’extérieur. Les établis hors du pays ont dénoncé un accès difficile à la carte Nina qui gêne leur procédure de régularisation en Europe ou dans d’autres parties du monde.

Ces maliens, estimés à plus de 5 millions, jouent un rôle prépondérant dans le développement du pays. « On se demande si réellement nous sommes des maliens et si les autorités maliennes se soucient de nous. Les maliens souffrent à l’extérieur. Souvent nous perdons nos emplois à cause des pièces nationales dont la carte NINA et le passeport », explique Djibril Traoré, un malien établi en France. « Ça fait 4 ans que nous sommes bloqués ici, plusieurs personnes ont perdu leur travail à cause de la carte NINA. Je me demande si les autorités Maliennes sont au courant de ce qui se passe au consulat en France », dit un jeune malien en France.

Un responsable des maliens de la diaspora dénonce cette attitude des autorités maliennes. « Comment peut-on faire des mois pour avoir un passeport de son pays ? Un pays sérieux peut-il donner le marché de la confection d’une pièce d’identité à une entreprise étrangère avec les fichiers du RAVEC ? Aujourd’hui, les maliens souffrent du problème de la carte NINA et c’est une honte pour les autorités », indique-t-il.

Selon Mamadou Lamine Bane, sur un potentiel de 5 à 6 millions de maliens vivant à l’extérieur du pays, seulement 1 637 000 sont enrôlés. Avant d’affirmer que c’est un manque de volonté politique. Certains expatriés maliens ont lancé une pétition pour dissocier la NINA de l’acquisition du passeport.

Seydou K. KONE

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