Conseil National de Transition : la nouvelle pomme de discorde

Le président de la transition, Ba N’daw, a pris le 09 novembre 2020, deux décrets pour la formation du Conseil National de Transition (CNT). Le premier décret fixe la clé de répartition entre les composantes du Conseil National de Transition et le second fixe les modalités de désignation des membres. La clé de répartition des postes soulève un vif débat au sein de la classe politique, et une partie de la société civile, qui refusent de siéger au sein de la future architecture du CNT, proposée par les autorités de transition.

La décision a été accueillie avec surprise et « émoi » par une frange de la classe politique et de la société civile, qui dénonce une « portion congrue ». En effet, selon la clé de répartition, sur les 121 prévus, les militaires occuperont 22 sièges au sein du CNT, le M5-RFP, qui tablait sur 30 représentants au moins, devra se faire représenter par 8 membres, pendant que les partis politiques et regroupements politiques auront 11 représentants.

Cette répartition est loin de faire l’unanimité. Ce qui prédispose l’organe législatif de la transition, a un blocus car, selon les contestataires, au rang desquels Housseini Amion Guindo, président de la CODEM, « aucun parti politique n’a été consulté ».

Plus frustrant que le nombre de quotas, le délai fixé de 48 heures pour déposer les listes de candidatures est une chimère pour plus de 200 partis politiques qui devront convenir d’une liste de 11 membres à proposer pour la composition de l’organe transitoire.

De ce quiproquo qui s’annonce, certains craignent la concentration des organes de la transition entre les mains des militaires, d’autres dénoncent le chevauchement des textes et des prérogatives. En effet, c’est le vice-président de la transition, le Colonel Assimi Goita, qui « reçoit les listes de candidatures ». Le même décret poursuit : « le vice-président, après examen des dossiers, arrête la liste des membres du conseil national de transition ». Alors que, le CNT, est un organe politique et législatif. Et le décret présidentiel qui fixe les missions de Assimi Goita, lui donnent « exclusivement » des prérogatives d’ordre militaire et sécuritaire.

Les missions de la transition sont immenses et le temps n’est pas le meilleur allié de l’équipe dirigeante. Peut-elle s’offrir le luxe d’une crise politique autour du CNT quand on sait que la transition doit aboutir au redressement de l’Etat et à la création des conditions de base de sa refondation. Elle doit également parvenir à engager des réformes politiques, institutionnelles, administratives, et organiser des élections générales.

Ousmane Tangara

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