COVID-19 : Vigilance, le combat n’est pas gagné

Près de dix mois après l’irruption de l’épidémie dans le pays, les autorités sanitaires indiquent que la situation épidémiologique est calme. Toutefois, elles appellent à la vigilance pour éviter une flambée de cas de contamination au Mali, comme en Europe ou en Amérique.

A la date du 9 novembre 2020, la situation cumulée au Mali faisait état de 3 712 cas positifs au Mali avec 2 832 cas guéris et 86 décès dans les centres de prise en charge et 51 dans les centres communautaires. Selon le professeur Akory AG IKNANE, le coordinateur national de lutte contre la pandémie, la situation épidémiologique est maitrisée. Cette efficacité se traduit par la mise en place d’un système de surveillance avec un accent particulier sur le cordon aérien à partir de l’aéroport International Modibo KEITA.

« Le traitement des malades se passe bien, nous avons un bon taux de guérison avec plus de 85 %. Ce qui fait que le Mali enregistre très peu de décès. Les techniques de prise en charge sont maitrisées par les agents dans les formations sanitaires. Aujourd’hui, le Mali n’a pas de forme sévère qui nécessite une assistance respiratoire », a déclaré le professeur Akory AG IKNANE.

« A la 11ème semaine de l’épidémie, nous avons enregistré une baisse de la courbe épidémique qui a continué pendant pratiquement 4 à 6 semaines. Il y a eu pratiquement 4 jours où le Mali n’a enregistré aucun cas positif. Mais les 4 dernières semaines nous avons une petite remontée de la courbe épidémique qui est restée en plateau avec une moyenne de 7 à 8 par jour », déplore le coordinateur national de la Riposte.

La mine de FEKOLA enregistre 10% des cas positifs

Par ailleurs, notre spécialiste indique que les sociétés minières notamment la mine de FEKOLA contourne les règles sanitaires, d’où une hausse des cas de contamination dans ces zones : « nous avons pratiquement 10% des cas positifs uniquement au niveau de la mine de FEKOLA parce que ce sont des gens qui arrivent directement au niveau de la mine sans passer par l’aéroport. Cela est dû au non-respect des mesures réglementaires internationales qui imposent à tous les pays de protéger leurs citoyens et ceux des autres pays », dénonce Akory AG IKNANE, qui est, par ailleurs, le directeur de l’Institut national de recherche en santé publique.

Par ailleurs, bon nombre de maliens ont, de plus en plus, relâché les mesures barrières imposées pour briser la chaîne de contamination. Le Mali n’est pas à l’abri d’une flambée de nouveaux cas de contamination : « le simple lavage des mains à l’eau et au savon peut réduire de près 65% la transmission du virus. Le virus peut durer plus de 104 jours dans un milieu favorable mais à l’air libre, il ne survie pas plus de 3 heures de temps. Ce qui fait qu’en Afrique la situation critique annoncée n’y est pas. Il y a aussi la jeunesse de la population africaine », a-t-il expliqué.

Attention à une rupture !

Avec la réouverture des frontières, les voyageurs sont obligés de présenter un test négatif avant le départ et à l’arrivée. Cette situation entraine constamment la consommation importante des réactifs et de kits de prélèvement. Les acteurs sanitaires estiment les voyageurs entre 800 et 1000 personnes par jour. Cette situation risque d’entrainer une rupture de kits de test, s’il n’y a pas d’approvisionnement.

En attendant la 4e session du conseil national de la défense qui va surement prendre des dispositions nouvelles et efficaces pour prévenir une nouvelle vague de contamination, les spécialistes indiquent que cette maladie risque de durer encore quelques mois.

Andiè A. DARA

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