MALI: IL FAUT REDYNAMISER LE FONDS COVID-19

Aux premières heures de la pandémie à coronavirus, les autorités de l’époque avait mis en place un fonds spécial pour organiser la riposte face à la maladie. Dans un véritable élan de sursaut national, des opérateurs économiques, des acteurs des mines, des établissements financiers et de simples civils avaient participé à l’effort de guerre par leur contribution financière. Aujourd’hui ils sont dubitatifs sur la gestion de cette manne financière. Et, les spéculations vont bon train, alors que le pays a plus que jamais besoin de ressources pour faire face à une éventuelle nouvelle vague.

« Nous avons répondu à l’appel par ce que, pour nous il s’agissait d’aider à sauver des vies.» Ce citoyen qui n’a pas souhaité être cité, affirme avoir contribué à hauteur de 100 000 francs CFA au Fonds Covid-19 mis en place au lendemain du premier cas de contamination au Mali. « Beaucoup m’avaient dit que l’argent ne sera pas utilisé à bon escient, mais j’ai écouté mon cœur », ajoute le trentenaire qui se dit aujourd’hui dubitatif sur la gestion du Fonds.

Dans un sursaut patriotique, de nombreux maliens avaient mis la main à la poche pour aider les autorités dans la prévention et la lutte contre la pandémie. Les sommes récoltées devaient servir pour équiper les centres de prise en charge de kits adéquats pour la prévention et le traitement des cas positifs au coronavirus.

Mais, des doutent émergent quant à la gestion orthodoxe de  ces ressources. Bien avant les évènements politiques, qui ont vu l’installation des militaires au pouvoir, les maliens étaient réticents à contribuer plus à l’alimentation du Fonds, sur fond d’allégations de détournement. Pour certains, surtout, la Covid-19 était comme une arnaque, puisqu’ils ne croyaient même pas à son existence au Mali, allant jusqu’à évoquer un « réseau de corruption » pour saigner les maigres ressources du pays.

Cependant, l’existence de la maladie ne fait plus de doute. Et, les besoins sont immenses en termes de prise en charge. Dans l’éventualité d’une flambée de la pandémie les centres de prise en charge risquent d’être submergés. Avec des cas graves nécessitant une assistance respiratoire, le pire est à craindre. Puisque nos structures ne sont hélas pas bien équipées pour faire face au nombre important de contamination.

Ce n’est pas le moment de baisser la garde sur le front du fundraising, surtout que les promesses de partenaires extérieurs tardent encore à se matérialiser, chacun préoccupé par son propre sort.  Pour redynamiser le Fonds, il faut plus de recevabilité et de transparence. Mais il faudra également à long terme un audit indépendant pour faire le point de la mobilisation et des dépenses. Et s’il y a des cas de détournements avérés, sévir.

Aly BOCOUM

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