UNTM : la grève coûte chère à l’État

Les boycotts en cascade et le tapage médiatique n’auront pas suffi : du 18 au 20 novembre, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), la plus importante centrale syndicale du pays a observé une grève sur l’ensemble du pays. La grève a été largement suivie, portant un coup dur à une économie déjà malmenée par l’instabilité politique et la crise sanitaire du coronavirus, qui a mis les indicateurs au rouge. Ces trois jours de débrayage représentent un manque à gagner énorme pour les recettes publiques maliennes, les entreprises privées, le transport et les établissements financiers.

Les services de douanes, les impôts, le transport et les banques ont tourné au ralenti durant les trois jours de grève. Certains étaient fermés, tandis que d’autres offraient un service minimum. Difficile d’évaluer l’impact économique de ce mouvement de grève, mais les pertes pour le trésor public malien s’évaluent à quelques dizaines de milliards de francs CFA.

A la Direction générale des Douanes, on ne disposait pas encore de statistique sur l’impact chiffré de la grève au 26 novembre. Toutefois, le chargé de la communication de la structure nous a confié au téléphone que la Douane a travaillé le week-end dernier pour combler le manque à gagner. En effet, la Direction générale des Douanes prévoit de mobiliser cette année 713, 580 milliards de francs CFA contre 620, 977 milliards de francs CFA en 2019. Soit environ 50 milliards de francs CFA par mois, 2,5 milliards de francs CFA/jour.

Quant aux services des impôts, les pertes générées par la grève pourraient être nettement plus élevées, au regard de ses prévisions de recettes pour l’année en cours. La Direction générale des impôts table sur une mobilisation de recettes de 1005,725 milliards de francs CFA, contre 919 milliards de francs CFA mobilisés l’année précédente.

Toutefois, ces prévisions ne prennent pas en compte les récents événements politiques et la crise sanitaire due au nouveau coronavirus qui a touché tous les secteurs d’activités du pays, en particulier le transport qui peine encore à reprendre son rythme normal.

Ces prévisions de recettes devraient être revues à la baisse. Plus globalement l’économie malienne, avec une croissance d’un peu plus de 5% avant la crise pourrait tomber dans une récession, selon les prévisions de la Banque mondiale.

D’autres secteurs comme les banques et les établissements financiers, le transport et les compagnies téléphoniques ont enregistré d’énormes pertes au cours des trois jours de grève. La centrale prévoit une nouvelle grève de cinq jours au début du mois de décembre. Ce qui risque de porter un coup fatal à l’économie locale et à la bonne marche de la transition en cours.

Aly BOCOUM

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