Audience publique de la CVJR : la deuxième édition s’ouvre ce samedi

Le mercredi 02 décembre 2020, le président de la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR), Ousmane Oumarou Sidibé, a animé une conférence à  la Maison de la presse de Bamako. L’objectif était d’informer l’opinion nationale et internationale sur la tenue de la deuxième audience publique qui se tiendra ce samedi 5 décembre au Centre international de conférence de Bamako (CICB).

Depuis son indépendance le Mali a connu des rébellions armées, des coups d’Etat, des tentatives de coups d’Etat et des crises politiques qui ont occasionné des violations graves de droits de l’homme (meurtres et exécutions extrajudiciaires, arrestations et détentions arbitraires, enlèvements et séquestrations, violences sexuelles, pillages, vols et destructions de propriétés, disparitions forcées, tortures et autres traitements cruels inhumains ou dégradants.

En effet, c’est dans ce contexte que la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR) a été mise en place avec le mandat de « contribuer à l’instauration d’une paix durable à travers la recherche de la vérité, la réconciliation et la consolidation de l’unité nationale et des valeurs démocratiques ». C’est dans cet esprit que la CVJR a inscrit en bonne place dans ses activités l’organisation de 6 audiences publiques portant sur les thèmes suivants : les atteintes au droit à la liberté (arrestations, détentions, enlèvements, séquestrations, etc.); les atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique (meurtres, tortures, traitements inhumains,  etc.); les disparitions forcées ; les atteintes au droit à la propriété (pillages et dégradations de biens); les violences contre les femmes et enfin les violences contre les enfants.

D’entrée de jeu le président de la CVJR, Ousmane Oumarou Sidibé a mis l’accent sur les réalisations engrangées par a commission depuis sa mise en place par les autorités. Ainsi, il précise que les audiences ne sont pas judiciaires et à la différence des tribunaux qui cherchent à établir la vérité sur la culpabilité ou non des auteurs présumés, pendant l’audience seules les victimes vont être entendues, la CVJR leur offre un lieu sécurisé où elles vont raconter les souffrances vécues. Selon lui, les audiences publiques visent trois objectifs : rendre aux victimes leur dignité et faciliter un début de guérison, en reconnaissant publiquement ce qui leur est arrivé; promouvoir la reconnaissance nationale des victimes et l’intégration de leurs récits à la mémoire et à l’histoire nationales ; utiliser l’information reçue comme un outil d’éducation et de sensibilisation de la population malienne dans son ensemble, afin de promouvoir le dialogue sur le passé, le pardon, la non répétition du conflit et la réconciliation nationale.

En effet, si la première audience a porté sur « les atteintes au droit à la liberté », cette deuxième audience publique portera sur « les atteintes au droit à la vie, torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

Les dépositions ont commencé le 3 janvier 2017 dans les antennes régionales. A la date d’aujourd’hui, 18 722 dépositions ont été recueillies dans les antennes régionales et auprès des équipes mobiles. Et 15 032 formulaires dépositions ont été saisis dont plus de la moitié sont des femmes.

Selon le Président Sidibé, les personnes qui témoignent et les victimes entendues lors des audiences publiques rapportent des faits vérifiés par la CVJR et les organisations de la société civile. En outre, les standards de preuves appliqués lors des audiences sont les mêmes que ceux des enquêtes de la CVJR, tels que définis dans sa stratégie d’enquête, à savoir la suspicion raisonnable, définie comme « l’existence d’un ensemble d’indices fiables, correspondant à d’autres circonstances confirmées, tendant à montrer que l’incident allégué s’est produit ».

Ainsi, la CVJR prend toutes les dispositions nécessaires pour préserver les intérêts des victimes et témoins prenant part à ces audiences, y compris par un examen médical et un soutien psychologique offert avant et après les audiences.

 

Seydou K. KONE

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