Dette intérieure : L’État doit 33 milliards

Les performances macroéconomiques du Mali en 2018 et 2019, sont restées relativement bonnes au point d’encourager le ministre des finances d’alors à considérer une stratégie pour éponger une partie de la dette intérieure. Hélas, elle ne semble pas avoir été trouvée car cette dette intérieure s’élève aujourd’hui à 33 milliards 800 millions de F CFA. Une situation qui fait couler beaucoup d’encre dans le secteur privé malien qui tire sur la sonnette d’alarme.

En dépit des contextes sécuritaires, politiques et les défis macroéconomiques, l’économie malienne a fait preuve de résilience en 2019 avec une croissance de 5% poussée par les bonnes productions d’or et de coton. Toutefois, un déficit budgétaire de 3,1% du PIB et une inflation de 0,4% était enregistré alors que l’endettement public était de 35,5% du PIB en fin 2018.

En 2020, l’Association des fournisseurs et opérateurs économiques du Mali dénonce à la date du 8 décembre, le non-paiement des factures relatives à la dette intérieure : « Des efforts ont été faits pour le paiement de la dette intérieure mais beaucoup restent à faire. Nous voulons discuter avec les nouvelles autorités du pays sur les modalités de paiement de la dette intérieure. Cet argent est un droit. Ce n’est pas de l’argent volé. Nos dossiers ne souffrent d’aucune irrégularité. L’ancien Premier ministre Boubou Cissé a bloqué le paiement de nos factures parce qu’il avait un problème avec nous. Avec l’arrivée des autorités de la Transition, nous étions très contents. Mais jusqu’à présent, les choses ne bougent pas. Le paiement de la dette intérieure permet de booster l’économie de notre pays », a expliqué Cheick Oumar Thiam, porte-parole de l’Association.

Selon des experts de la Banque africaine de développement (BAD), la mobilisation des recettes fiscales est structurellement faible (14,3 % du PIB), en dessous de la norme de l’UEMOA de 20 %. L’analyse de la viabilité de la dette publique, de mai 2018, indique que le risque de surendettement du Mali est modéré. En effet, le Mali pratique une politique d’endettement prudente avec le programme de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) du FMI, mais la maturité de la dette intérieure, dont 59 % arrivent à échéance entre 2019 et 2021, constitue une préoccupation majeure.

 

Andiè A. DARA

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