FROID A BAMAKO : LA TRAITE DES VENDEURS DE FRIPERIE

Cette année, le froid s’installe lentement, un phénomène qui se justifie par le changement climatique auquel le monde fait face. Mais malgré cela, les Bamakois sont nombreux à prendre des dispositions pour se protéger contre le vent et les vendeurs de friperie se frottent bien les mains. Au marché de Bacodjicoroni-ACI, dimanche 6 décembre, c’est la bousculade autour d’une vendeuse de friperie bien connue de la place.

Fatim est entourée de clients. La jeune femme, âgée d’une trentaine d’années, tient depuis cinq ans une échoppe dans ce quartier huppé, en commune V du district de Bamako.

« En cette période, les pull-over, les Jeans, les tee-shirts marchent beaucoup », explique la vendeuse. Pendant cette période de froid, Fatim s’en sort bien. Elle ouvre deux balles par semaine, alors qu’en temps ordinaire, elle ne déballe que les samedis.

Les clients ont une préférence pour les habits en provenance des Etats-Unis. Au Mali, le marché de la friperie est essentiellement alimenté par les Etats-Unis, l’Europe et certains pays du Maghreb, où transitent les colis destinés au Continent africain.

Au marché de Médine communément appelée « Sougounicoura », centre névralgique de la friperie au Mali, les étals des grossistes sont prisés en cette période. C’est dans ce carrefour de la fripe que Fatim s’approvisionne régulièrement. « Les balles en provenance des Etats-Unis sont plus chères que celles qui viennent d’Europe ou de la Turquie », nous informe la jeune femme.

Les articles provenant des Etats-Unis coutent 122 000 francs CFA l’unité, tandis que les autres catégories sont cédées à 100 000 francs CFA selon notre interlocutrice. Ce secteur emploie de nombreuses personnes au Mali notamment les femmes, qui sont les plus actives sur les différents marchés.

Grâce à ce commerce, Fatim arrive à tirer son épingle du jeu. « Je gagne bien dans ce métier. C’est un métier comme les autres », déclare-t-elle. La friperie n’est plus l’apanage des moins nantis. Elle est devenue une tendance dans certains quartiers de la capitale malienne, où des jeunes décomplexés exhibent  leurs tenues issues de la fripe.

La saison du froid renforce cet engouement. Pour être surtout à l’abri de la fraicheur. D’autres se tournent vers les friperies pour une autre raison. « Je suis une grande amatrice de friperie, car dans les fripes, il y a des vêtements de marque et pas chers. Je préfère ça à la marque chinoise que l’ont ne peut même pas laver. À chaque saison, je fais ma garde-robe. Actuellement, c’est le froid qui s’installe, je suis venue acheter des Jeans, des tee-shirts manches longues. Il suffit juste de les laver, repasser, ils deviennent comme des habits neufs », confie une cliente

 

ADAM DIALLO

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