Présidence de la transition : Bah N’Daw et le spectre de la démission

Présidence de la transition : Bah N’Daw et le spectre de la démission

Si le choix porté sur le colonel retraité pour diriger la transition a été apprécié par la majorité des maliens, aujourd’hui, face à la gestion actuelle du pays, certains commencent à être pessimistes. Une folle rumeur qui faisait état d’une assignation à résidence de Bah N’Daw, ou encore de forts désaccords entre le Président et son vice-président Assimi Goîta, certains ont vite fait de conclure à une prochaine démission du Président de la transition, reconnu pour ses nombreuses démissions. A Abidjan, il a clamé haut et fort qu’il ne démissionnerait pas. L’histoire politique au Mali présage de tout le contraire. 

La mal-gouvernance, la corruption, le favoritisme étaient les maux qui ont signé la fin du régime IBK. Trois mois après, les autorités actuelles sous la houlette du Président de la Transition Bah N’Daw et son Vice-président colonel Assimi Goita ne semblent pas être sur le bon chemin. Pour certains les choses se déroulent de la même manière ou pire encore que sous le régime d’IBK. D’autres se demandent si les militaires putschistes et leur mentor sont bien conseillés depuis leur arrivée au pouvoir. En effet, pour beaucoup les grognes sociales qui secouent le pays sont dues au comportement des militaires. Ils se croient propriétaires du pays et s’éloignent du dialogue avec les partenaires sociaux.  La première chose que les militaires putschistes devraient faire était d’instaurer le dialogue social avec, non seulement la classe politique, la société civile, mais aussi les syndicalistes qui avaient leurs doléances sur la table de négociation sous le régime d’IBK.

Le cycle des grèves donne le tournis au gouvernement de Moctar Ouane mais c’est le président de la transition qui s’est illustré sur cette question en tançant les grévistes qui ne semblent pas avoir la pleine conscience des problèmes du Mali pour entamer les revendications sociales. Pour lui, « dans l’état actuel du pays, quelqu’un qui jouit de ses facultés et qui a une conscience ne peut pas faire la grève. ».

Cette déclaration cible directement l’UNTM et les syndicats des administrateurs civils qui sont en grève illimitée depuis novembre. « Bah N’Daw n’a pas mesuré ses propos il doit faire énormément attention ce qu’il dit. Il est à ce poste pour être une solution pour le pays et non le contraire. En tout cas, son comportement ne me plaît pas du tout et j’estime qu’il n’est pas conseillé ou bien il est déjà attaqué par le virus du pouvoir en se croyant, un super man », exprime Adama Diarra. Contrairement à Abdoulaye Koumaré qui a apprécié la déclaration du Président de la Transition. Pour lui, les grévistes doivent avoir la conscience pour suspendre leur grève pendant cette transition et quand un président légitime serait élu qu’ils amorcent leurs revendications qui sont d’ailleurs un droit constitutionnel.

Par ailleurs, le Président de la Transition, Bah N’Daw estime que le pouvoir qu’il est entrain de diriger est un fardeau de Dieu et qu’aucun sacrifice ne sera de trop. « Pour ceux pensent que je vais démissionner cette fois-ci je ne démissionnerais pas…».

Cette déclaration peut avoir deux lectures possibles. La première s’apparente à une volonté patriotique de contribuer à ramener le Mali sur le droit chemin. Cette option équivaut à répondre aux avis qui disent qu’il ne gère pas la transition et que le vice-pésident a les rênes du pouvoir malien. La deuxième lecture renvoie Bah N’Daw a un rôle de bénéficiaire des avantages du pouvoir, qui en prend goût et ne veut se priver de ses largesses.

L’histoire politique rappelle au président que la phrase « je ne démissionnerai pas » s’est toujours accompagnée d’une prise de parole pour expliquer les raisons de la démission, une fois le moment venu. Moussa Mara, Moussa Timbiné, Cheick Modibo Diarra, Manassa Danioko etc. ont fait l’amère expérience d’une telle déclaration. Où en sont-ils maintenant ?

En tout cas, le Président Bah N’Daw doit tout éviter à son âge que son honneur et son image soient mêlés de tâches qui vont le déshonorer dans l’histoire. Il doit combler les attentes et l’espoir du peuple malien surtout contre le gaspillage de l’argent public par les militaires putschistes et ses éventuels acolytes.

 

Seydou Karamoko KONE

 

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